« La réindustrialisation exige une diversité de compétences dans les territoires »

Maxime Giraudeau
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Marie Ferru est professeure des unviersités en géographie à l'Université de Poitiers.
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Marie Ferru est professeure des unviersités en géographie à l'Université de Poitiers.
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LA TRIBUNE - Ces derniers mois, on assiste à l'agonie du tissu industriel français dans les régions. Quels sont pourtant les atouts des territoires ruraux quand il s'agit d'accueillir des usines ?
MARIE FERRU - Le mouvement de réindustrialisation se fait plutôt dans les villes de moins de 20.000 habitants. Selon les données de Business France, ces territoires accueillent les trois quarts des projets d'investissement et les emplois associés. Certains territoires disposent d'une culture industrielle avec une acceptabilité de l'usine un peu plus forte qu'ailleurs. Pau et Châtellerault sont des exemples typiques : dans toutes les familles on connaissait quelqu'un qui travaillait sur le site gazier ou à la manufacture d'armes. Ces gens ont vu les bénéfices de l'industrie sur leur territoire et sont imprégnés par la culture du risque.
Sur un territoire peu dense, il y a une proximité immédiate entre les acteurs, tout le monde se connaît. Les acteurs économiques et les élus sont en interconnexion plus facilement et ça donne une capacité de collaboration plus simple. Et justement, dans les projets industriels actuels, il y a besoin de coordination territoriale pour que le porteur s'implante. Les maires peuvent aujourd'hui être considérés comme des gestionnaires et des facilitateurs de projet.
Malgré ces avantages, les territoires ruraux sont-ils les délaissés des politiques de réindustrialisation ?
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Dans les politiques publiques, il y en quand même beaucoup d'éléments qui vont dans le bon sens. Le programme Territoires d'industrie par exemple s'appuie sur les forces des espaces non-métropolitains et vise à relancer leur tissu industriel. On parle quand même de 183 territoires dans la nouvelle phase de ce programme qui s'attachent à la relocalisation industrielle.
Maxime Giraudeau