Les plans sociaux dans l'industrie sont à chaque fois vécus comme un coup de massue dans les territoires. À Angoulême, il a fallu en subir deux en même temps. Fin septembre, les sites de Lecas à Nersac, appartenant au papetier Hamelin, et de Saint-Michel, du groupe Thiollet, ont successivement acté leur fermeture. Deux usines centenaires et iconiques puisque la première produisait les agendas Oxford et la seconde était l'une des rares à fabriquer du papier 100 % recyclé. Au total, 135 salariés ont perdu leur emploi.
En novembre, c'est la liquidation de la papeterie Stenpa dans la Meuse qui a définitivement été actée. Elle ne fêtera pas ses 100 ans en 2025. En début d'année, l'arrêt de l'activité était aussi prononcé à la cartonnerie de Blendecques dans le Pas-de-Calais par le groupe espagnol RDM. Quelques mois auparavant, le groupe européen Lecta débranchait l'une des lignes de production de papier couché de la papeterie de Condat en Dordogne. Sur cette diagonale des plans sociaux, près de 500 salariés sont victimes de la dernière crise des papeteries.
Une série noire qui trouve ses racines dans la flambée des prix de l'énergie survenue en 2022. « Nous sommes des entreprises très énergivores, c'est un handicap, pointe Philippe Delord, délégué CGT de la papeterie de Condat. Avant la guerre en Ukraine, le mégawattheure (MWh) d'électricité était autour de 30 euros. En quelques mois, il est passé à 220 euros », se rappelle-t-il. Ce qu'a également vécu le dirigeant de la papeterie de Saint-Michel, Maxime Thiollet, comme il l'expliquait à France 3. « Nous sommes passés de 400.000 euros de dépenses énergétiques par mois à 1,3 million en l'espace de six mois. Nous avons pris la décision en 2022 d'arrêter 30 % de notre production, soit une machine sur deux, mais ça n'a pas suffi à couvrir nos frais fixes. »