L'équipementier automobile MMT-Bordeaux vient de recevoir 300 000 euros d'aides publiques pour participer à sa transition énergétique et sa diversification alors même qu'il supprimera 193 de ses 420 postes d'ici la fin de l'année.C'est une annonce qui risque de tendre encore un peu plus les négociations sociales prévues le 7 mai prochain entre les syndicats et la direction de l'usine MMT-B (Manufacturing the Mobility of Tomorrow in Bordeaux), située à Blanquefort. Alors que le site girondin, spécialisé dans la fabrication de boîtes de vitesses, s'apprête à supprimer 193 postes sur 420 salariés, il vient de recevoir une aide publique de 300 000 euros. Une subvention qui tombe dans un climat social déjà très dégradé.
France Nation Verte
Cette subvention est versée au titre du fonds d'accélération de la transition écologique dans les territoires, dans le cadre du programme France Nation Verte qui dépend du Premier ministre. En l'occurrence, il s'agit de contribuer à la diversification de l'usine vers les voitures électriques et à des investissements qui doivent « réduire la consommation d'électricité de 80 % par rapport à la ligne existante (jusqu'à 1,7 gigawattheure (GWh) économisés par an) ainsi que la consommation d'eau de 400 m3 par an », selon le communiqué de l'État.
« Comment est-ce possible de verser 300 000 euros d'argent public à une entreprise qui laisse près de 200 salariés sur le carreau ? », déplore pourtant Régis Labasse, le secrétaire Force ouvrière du comité d'entreprise. « C'est inacceptable ! Les aides publiques devraient déjà sauver les emplois avant de chercher à économiser de l'énergie.»
Le fabricant de boîtes de vitesses manuelles, repris par le fonds de retournement Mutares il y a deux ans, prévoit en effet de supprimer dès cette année près de 200 emplois via un plan de départs volontaires, des retraites anticipées et, in fine, des licenciements économiques.