Le grand spleen des équipementiers automobiles
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Un employé à l'usine Valeo d'Etaples (Hauts-de-France).
Reuters
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Un employé à l'usine Valeo d'Etaples (Hauts-de-France).
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Le secteur de l'automobile est en crise, et les grands équipementiers français en font les frais. Les Forvia, Valeo, OPMobility et Michelin ont globalement souffert l'année dernière. C'est particulièrement vrai en France et en Europe, où tous affirment pâtir de ventes de voitures insuffisantes, d'une perte de compétitivité et de la réglementation.
Florent Menegaux, le PDG de Michelin, qui a il y a peu annoncé la fermeture de deux usines dans l'Hexagone, a tiré la sonnette d'alarme le mois dernier, lors d'une audition au Sénat. Déplorant des coûts de production « deux fois plus chers en Europe qu'en Asie », le dirigeant du champion des pneumatiques assure ne « plus être en capacité d'exporter » à partir du Vieux Continent.
À la tête de Valeo, Christophe Périllat ne dit pas autre chose. Le dirigeant de l'équipementier, qui a vu ses ventes reculer l'an dernier, déplore que « l'Europe ait perdu 25 % de sa compétitivité par rapport à la Chine en cinq ans ». « C'est monumental, c'est extrêmement dangereux », a-t-il lancé ce vendredi, lors d'une rencontre avec des journalistes. À ses yeux, l'inflation et des prix de l'énergie « multipliés par trois » placent aujourd'hui les industriels dans une situation intenable.
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À cela, il faut ajouter des ventes de voitures qui sont loin d'avoir retrouvé les niveaux d'avant l'épidémie de Covid-19. « L'Europe continue de décrocher, a pour sa part déploré Laurent Favre, le patron d'OPMobility, la semaine dernière. Elle a perdu 5 % de sa production quand celle de la Chine a progressé de 5 %. » Tous les équipementiers pestent, aussi, sur la réglementation européenne sur les émissions de CO2. Celle-ci prévoit des amendes pour les constructeurs s'ils ne vendent pas assez de voitures électriques cette année. Les équipementiers redoutent d'en pâtir. La Commission européenne pourrait toutefois revenir sur ces sanctions financières le 5 mars prochain, dans le cadre de son plan d'urgence pour l'automobile.
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