Accéder au marché caché de l'emploi, une question d'attitude aussi.

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L’entreprise, quand elle n’arrive pas à recruter en interne, préfère jouer le réseau puis la cooptation pour réduire le risque et aller vite. Les postes qui ne font pas l’objet d’annonces externes constituent ainsi le marché caché de l’emploi. L’attitude joue pour beaucoup dans la réussite de la démarche qui permet d’y accéder.

« Entre 60 et 70% ». Selon Christian Guet, DRH adjoint du groupe Lagardère, c'est, tous métiers et secteurs confondus, la part cachée du marché de l'emploi, c'est-à-dire le marché hors annonces et hors cabinets. Dans le monde des médias, par exemple pour les journalistes, les commentateurs, les éditeurs, exception faite du scolaire et du guide pratique, « c'est un marché qui n'existe que caché », précise-t-il. Le potentiel de ce marché est également fort dans des domaines tels que la finance, les ressources humaines, la communication, la publicité, « dans les métiers corporatistes », ajoute Éric Châtain, consultant au sein du groupe Transition. Un marché à ne pas négliger donc dans sa recherche d'emploi et qui demande d'être actif en y mettant les formes.

 

Être actif comme travailler sa visibilité sur le Web, envoyer des candidatures spontanées, prospecter en porte-à-porte pour décrocher un entretien, s'informer sur l'activité des entreprises cibles, cultiver son réseau ? Si toutes ces actions sont utiles dans la globalité d'une recherche d'emploi, certaines n'ont aujourd'hui peu ou pas d'effet sur ce marché-là « car elles ne répondent pas au besoin de l'entreprise de réduire le risque et d'aller vite dans ses recrutements », pointe Christian Guet. C'est le cas de la candidature spontanée - avec elle vous êtes encore un inconnu parmi d'autres, avec son potentiel de risque - ou de toute action qui se cantonne à l'affichage.

 

Se faire connaître en créant du lien

 

« Se faire connaître demande de communiquer avec son entourage, amical, familial, professionnel, géographique, et ceci, très régulièrement », pointe Christian Guet. Cultiver son réseau - il s'agit de ça -, tout le monde peut le faire même si certains profils sont plus rompus à l'exercice que d'autres - les cadres généralement, par opposition aux employés ayant travaillé très longtemps dans la même entreprise. Cela nécessite de travailler votre mise en valeur personnelle et professionnelle, pour laisser une empreinte positive dans l'esprit d'un interlocuteur et l'inciter à parler de vous, pour favoriser l'émergence d'un élément « qu'on ne peut pas faire passer sur un CV », comme le souligne M. Guet. Bien se marketer passe, entre autres, par une bonne estime de soi (où en êtes-vous à ce sujet ?) ainsi que par la connaissance de son marché « en termes de rémunération et de codes », explique Éric Châtain. Mais cette connaissance laisse à désirer aux dires de nombreux recruteurs, nous vous encourageons donc à revoir ce point en vous informant, sur les rémunérations dans votre domaine, sur l'actualité de l'entreprise, de ses concurrents, etc., vous n'en serez que plus professionnel dans votre démarche.

 >> Pour aller plus loin, consultez notre espace emploi

 

En vous poussant hors de chez vous, car « le contact numérique ne remplacera certainement pas le contact physique » comme le rappelle Christian Guet, vous faire connaître dynamise votre recherche et vous donne l'occasion de tisser des liens. Pour qu'ils soient de qualité, êtes-vous prêt à donner, notamment de votre temps, êtes-vous disposé à vous intéresser à autrui ? C'est fondamental. « Lorsque l'on a un semblant d'affinité avec quelqu'un, il faut prendre conscience que c'est essentiel ; rappelez-vous que les gens aiment parler d'eux, même les recruteurs, pensez-donc à ne pas être centré sur votre besoin », pointe Éric Châtain.

 

Être ouvert

 

Dans une démarche de rencontre, ont fait fausse route si l'on vise uniquement un type de poste. « Il faut ouvrir sa recherche, être à l'écoute de ce qui se raconte et de ce qui s'exprime en termes de besoins », recommande Christian Guet. L'ouverture peut aussi passer par une attitude de disponibilité comme l'explique Éric Châtain :

 

« Être ouvert aux CDD et aux missions d'intérim permet de se faire connaître de potentiels futurs employeurs et de pallier un manque de réseau. Faites confiance à l'avenir car lorsqu'on laisse une trace positive, il n'y a aucune raison pour que ce ne soit pas vous qui soyez rappelé quand un poste pérenne s'ouvre, ou pour une mission plus longue. »

 

Être ouvert c'est enfin accepter les rendez-vous qui ne déboucheront sur rien de concret, du moins dans l'immédiat, là encore, qui sait ce que la vie réserve.

 

Opter pour une stratégie d'encerclement

 

« Chercher à capter uniquement un DRH ou un patron finit par être inefficace car ils sont trop sollicités, de plus les DRH sont intermédiaires et non décisionnaires, ciblez plutôt les opérationnels », recommande Christian Guet. À partir du moment où un poste peut vous intéresser, faites en sorte de vous rapprocher, de manière progressive, des personnes qui pourront parler de vous. Professionnalisme, savoir-vivre et doser sont les essentiels d'une approche intelligente, l'oublier peut vous transformer illico en répulsif.

 

Enfin, chercher à accéder aux 60 à 70% cachés « ne doit pas vous faire oublier les 30 à 40% du marché visible ». C'est le premier conseil de Christian Guet qui nous sert de conclusion.

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