Candidature : éviter l’élimination d’office, c’est possible (3/3)

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L'entretien d'embauche, une étape à ne pas rater (c) Reuters
L'entretien d'embauche, une étape à ne pas rater (c) Reuters (Crédits : Reuters)
Pour clore, provisoirement, notre série consacrée aux erreurs qui plombent votre candidature, voici celles qui vous vaudront un carton rouge en entretien. Notez que l’impression que vous donnez précède souvent votre présence.

L'entretien qui ne pardonne pas, parce que...

 

> Vous êtes arrivé en retard sans prévenir ni vous excuser. Vous connaissez l'adage : avant l'heure, c'est pas l'heure..., arriver avec plus de 10/15 minutes d'avance passe donc mal aussi.

 

> Vous êtes négligé ou décalé par rapport à l'environnement du poste : tabac, alcool, sueur, haleine : des mauvaises odeurs qui mettent votre interlocuteur à distance, au propre (sic) comme au figuré. Mais qui peuvent être éliminées si tant est que vous preniez la peine de vous en occuper (il existe par exemple des appareils qui mesurent le taux d'acétone, des pastilles de menthe qui rafraîchissent l'haleine, des lessives qui lavent le linge, des savons qui lavent le corps...). Étiquette oubliée sur un costume neuf : le détail qui tue. Décolleté vertigineux, micro jupe, short : vous vous trompez de rendez-vous. « N'oubliez-pas qu'en entretien, vous allez être jugé », rappelle Cécile Fischer, responsable développement RH et communication au sein du groupe William Sinclair.

 

> Votre langage corporel n'a pas eu le bon mot : postures ironiques, narquoises, avachies, visage fermé, sourire absent n'envoient guère de messages positifs. Nous n'irons pas plus loin dans l'interprétation, nous ne sommes pas apôtres de la grammaire du corps pour deux sous. Mais nous vous invitons à être attentif à ce que vous dégagez au travers de vos attitudes. Que racontent votre poignée de main molle ou trop énergique, qui broie celle de votre interlocuteur ? Ce dernier cas « est très fréquent chez les candidats de haut niveau, veulent-ils en imposer au recruteur ? », s'interroge Cécile Fischer.

 

> Vous êtes venu(e) accompagné(e), de votre petit(e) ami(e), de votre mère, de vos enfants... Et on se demande vraiment pourquoi même si vous nous expliquez que ça leur faisait une balade.

>> Pour aller plus loin, consultez notre espace emploi

 

> Vous êtes désagréable, arrogant, sans gêne : pensant que l'on n'attend que vous, vous arrivez en pays conquis, manquez de politesse avec la personne de l'accueil (grosse grosse erreur), lui tendez des documents non classés, chiffonnés (qu'il/elle se débrouille !). Vous ne respectez pas le territoire de l'autre et squattez son bureau pour poser vos affaires. « C'est souvent le cas quand on est reçu par un opérationnel, demandez-lui l'autorisation avant ou gardez votre bloc-notes sur vos genoux », conseille Jean-Michel Rolland, professeur en sciences humaines à l'ISEN et consultant en management.

 

> Vous êtes venu sans vos outils : ni CV ou pas dans la bonne version, ni bloc-notes, ni stylo. Mains vides, mains dans les poches...

 

> Vous n'avez pas éteint votre téléphone, il a sonné ou vibré pendant l'entretien, vous avez répondu. « À propos des nouveaux comportements liés aux nouveaux outils, il est acceptable d'utiliser son ordinateur portable ou sa tablette si le poste et l'environnement s'y prêtent, dans un autre cas, on prend le risque d'énerver », pointe M. Rolland.

 

> Vous êtes autocentré : vous ne parlez que de vous, ne posez aucune question. L'entretien n'est pas un monologue, « répondre « non » au recruteur qui vous demande si vous avez des questions n'est pas acceptable, préparez-en, toujours », insiste-t-il.

 

Votre motivation est essentiellement matérielle : « Au lieu de vous intéresser au cœur du métier du poste, vous vous focalisez sur la rémunérations, les avantages, les aspects logistiques, des points que l'on aborde une fois que le reste est réglé », rappelle-t-il.

 

> Vous êtes agressif ou flou : vous critiquez votre ancien employeur, vos anciens collègues ; celui qui vous reçoit sera-t-il le prochain sur la liste ? Quand on vous demande les raisons du départ de votre dernier poste, vous répondez par le flou ou un grand déballage. « Refuser de passer des tests vous dessert également », pointe Cécile Fisher.

 

> Vous ne savez pas prendre congé : vous ne remerciez pas votre interlocuteur pour l'entretien, le temps consacré ; dommage, vous ratez ainsi une occasion de lui montrer que vous le prenez en considération.

 

Les erreurs, non exhaustives, pointées dans cette série (épisode 1, ici ; épisode 2, là), sont symptomatiques d'un manque d'intérêt, notamment pour le besoin de l'autre. « Quand on s'intéresse à l'autre, on peut comprendre comment il fonctionne et on sait comment se vendre. Trouver le bon niveau d'échange est fatigant et demande du travail, mais cela vaut la peine », conclut Jean-Michel Rolland.

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Commentaires
a écrit le 26/08/2013 à 19:36 :
Et comment fait-on si on est français, sans handicap, bilingue et sur-diplômé ?
Si les critères de sélection d'aujourd'hui avaient été appliqués dans les années 40, Einstein aurait été au chômage. Heureusement qu'il existe encore quelques DRH qui s'intéressent avant tout aux compétences. Les grands génies ont en général des problèmes de relation sociales, doit-on pour autant les sortir du marché du travail : c'est à cause de cela que les entreprises françaises manquent d'innovation : il faut être rêveur et anti-conformiste pour créer, ce que détestent la science du recrutement. J'ai constaté que même un ouvrier anti-conformiste peut apporter des idées nouvelles qui font avancer les choses.

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