Les universités françaises à l'heure de l'évaluation

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L'évaluation des diplômes des universités laisse apparaître un effort général pour améliorer les licences. Mais les mastères pèchent par leur complexité.

Performance, évaluation, résultats... Depuis la loi de programme pour la recherche et la loi sur l'autonomie (LRU), les universités sont invitées à changer de culture pour mieux figurer dans les classements de Shanghai et autres Times Higher Education. Successeur du Comité national d'évaluation, l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (Aeres) évalue depuis 2007 les diplômes et formations des 83 universités françaises, par « vague» (lire encadré ci-contre). Si à ce jour seule une partie des universités, dont celles de la région parisienne, a été évaluée (la vague D est en cours de finalisation et la vague A qui inclut Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Grenoble, Lyon ne sera évaluée qu'en 2010), le bilan de ces évaluations, compilées pour la première fois par l'Agence Éducation Emploi Formation (AEEF), et publié à l'occasion de ses Rencontres universités entreprises 2009, est assez révélateur.

Contrairement aux idées reçues, la plupart des universités ont cherché à améliorer le niveau d'excellence de leur licence. Exemple le plus révélateur, celui de l'université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC, Paris VI) qui, confrontée à la concurrence des classes préparatoires scientifiques, a fourni un effort particulier sur toutes ses licences. Mais nombre de petites et moyennes universités de province s'attellent aussi à avoir une « démarche compétence ». Côté mastères, ce sont les aspects « maquis » et hétérogénéité qui sont les plus saillants. À elle seule, la vague B (Aix, Rennes, Clermont-Ferrand, Avignon, Reims...) concerne ainsi 500 mastères et... 1.900 spécialités. Résultat, certains mastères, dont les enseignements sont de qualité, voient leur note chuter faute d'une organisation claire. « Les universités gagneraient à faire des efforts sur les parcours », estime-t-on à l'Aeres. Certains sujets aussi restent tabous, en particulier l'évaluation des enseignements par les étudiants. Obligatoire depuis 1997 (réforme Bayrou), elle n'est mise en place de façon systématique que par une poignée d'universités, telle Lille I.

Pour autant, quoique fort critiquée, la culture de l'évaluation fait son chemin. Surtout dans les sciences dures, plus habituées. L'Aeres note aussi une progression depuis 2007. Certaines universités ont mis en place des procédures d'auto-évaluation, d'autres ont recruté les personnels ad hoc. Cergy-Pontoise a par exemple lancé une grande enquête de performance auprès de ses étudiants. « Les universités ont compris que l'objectif de l'évaluation est de les faire progresser », estime ainsi l'agence. De son côté, l'Aeres a aussi évolué, amélioré ses grilles. Contrairement aux pratiques du ministère qui se contentait d'indicateurs macroscopiques (souvent pas utilisés), l'Aeres, qui compte alléger ses procédures et mieux prendre en compte l'auto-évaluation, privilégie désormais l'insertion professionnelle. Un axe qui n'est pas sans poser la question de la publicité à faire de ses évaluations. Enfin, l'agence n'est pas exempte de critiques. Soupçonnée de ne pas être indépendante, elle a été prise pour cible pendant la contestation universitaire et fait l'objet de campagnes de boycott. L'Aeres met en avant son refus, en avril, d'évaluer les futurs mastères « métiers de l'enseignement » comme gage d'indépendance.

 

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