Allez, bon courage !
Sophie Peters
Sophie Peters
Avez-vous remarqué ? Avec la crise le nombre d'e-mails ou de SMS se terminant par la formule d'usage « bon courage » a augmenté de façon exponentielle. À croire que nous en avons plus besoin que jamais ! D'autant que j'ai pu constater en croisant au bureau des mines reposées et épanouies que cet été avait été profitable à beaucoup d'entre nous. La plus grande difficulté étant? de s'y remettre ! Alors, en ce retour de vacances, il semble que, oui, il va nous en falloir du courage. Car c'est à Platon et Aristote que nous devons d'avoir porté cette vertu hors de l'univers de signification héroïque et militaire où la confinait la culture grecque pour la lier à celui de la connaissance. Pour Socrate, c'est même une science : « La science de ce qu'il faut craindre et de ce qu'il faut oser. »
faiblesses ou peurs
Mais attention, le courage n'est pas d'oser dans un coup d'éclat. Non. Pour être entier, il doit s'accompagner de la réflexion, voire même de la délibération. Ainsi l'individu courageux est capable d'éprouver la peur devant l'obstacle et, ce faisant, décider de l'affronter et de passer à l'acte. La raison et l'action sont ici intimement liées. Le héros est devenu le sage. « Le courage c'est faire ce qui est juste », affirmait d'ailleurs Confucius.
Supposons ? ce n'est qu'une supposition ? que nous devions exercer notre courage pour reprendre, cette semaine, le chemin du bureau. La première attitude serait déjà de se mettre en position de combattre nos ennemis intérieurs, faiblesses ou peurs. Ce qui commence par les reconnaître de façon à ne pas les laisser perturber inconsciemment notre comportement. Bref, voir la vérité en face marque le début du chemin. Ensuite, prendre du recul pour les relativiser et favoriser ainsi le passage à l'acte. Enfin, se lancer et en tirer les leçons pour permettre de faire évoluer peu à peu notre état d'esprit. Car développer son courage, c'est se prouver à soi-même sa capacité à dépasser ses craintes, à sortir de sa « zone de confort », et repousser ses limites. En surmontant nos difficultés et nos souffrances, nous en faisons une ressource. Voilà pourquoi c'est une vertu essentielle. En management, c'est même un exercice nécessaire. Un manager peu courageux sera vite mis en situation de perdre sa légitimité, sa crédibilité et son autorité. Or le courage est en cela délicat qu'il mobilise aussi une certaine vision de soi-même associée à des valeurs. À ce titre, la perception de ce qui peut être facile ou difficile est directement liée aux croyances ? plus ou moins dynamisantes ou limitantes ? qu'une personne construit sur elle-même. Le courage devient dans ces conditions une forme de lucidité, une façon de se positionner face au risque et à l'incertitude, « une disposition générale face à la vie » comme le souligne Paul Tillich dans son ouvrage « le Courage d'être ». Petit à petit, en constatant que toutes les craintes ne se réalisent pas systématiquement, on parvient à faire évoluer son état d'esprit et à se montrer spontanément de plus en plus courageux.
rumeur de plan social
Sophie Peters
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