Cinq astuces pour éviter d'être licencié à cause de Facebook

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Les affaires de licenciements pour dénigrement de l'entreprise sur Facebook se multiplient. Et vont se multiplier. Il y a plusieurs semaines, les prud'hommes ont confirmé la validité du renvoi de trois salariés accusés d'avoir dénigré leur hiérarchie.

Le 14 mars prochain, trois salariées seront jugées pour propos "injurieux diffamatoires et menaçants" par le tribunal des prud'hommes de Périgueux. Ces affaires révèlent toute l'ambiguïté de la posture sur ce réseau qui porte mal son adjectif de "privé" et imposent désormais quelques règles de prudence. D'autant que Facebook vient de passer la barre des 20 millions de membres en France, soit un internaute sur deux.

- Leçon n° 1 :
Ce réseau est "privé" pour autant qu'on soit assez vigilant pour régler les paramètres de telle sorte que les propos couchés sur le "mur" ne soient pas visibles par "mes amis et leurs amis". Le tribunal a estimé que, même si une page est personnelle, dès le moment où l'on a plusieurs amis susceptibles de lire le message, celui-ci prend un caractère public. "Gardez-moi de mes amis", le célèbre trait de Voltaire prend toute sa saveur sur Facebook. Les "affaires" sont dévoilées par des "amis d'amis" qui, choqués, font des captures d'écran et rapportent le tout à la direction.

- Leçon n° 2 :
Mieux vaut éviter le mélange des genres entre sphère privée et professionnelle. Facebook n'est pas un espace privé comparable à une boîte mail. En revanche, ce réseau est bel et bien "social" : c'est un espace d'expression publique et planétaire. Pire : il garde tout en mémoire, y compris ce qui s'y efface.

- Leçon n° 3 :
"Tout ce que vous pouvez dire pourra être retenu contre vous." Ainsi, le jugement du tribunal a contredit un code habituel sur Internet considérant le "smiley" comme une preuve d'humour. Dites ce que vous pensez de votre hiérarchie... dans la vraie vie... et à l'oral. "Les paroles s'envolent, les écrits restent", dit le proverbe.

- Leçon n° 4 :
Facebook ne peut donc, ni ne doit être, un exutoire au stress ou au ras-le-bol ambiant. La Cnil confrontée au phénomène de défouloir chez les jeunes contre leurs profs va créer un guide d'information. Aux Etats-Unis, les entreprises mettent en place des chartes de bonne conduite. En France, Alcatel et Bouygues ont déjà la leur, la Société Générale ou La Poste y réfléchissent. Et beaucoup de directions bloquent la connexion depuis les postes de travail.

- Leçon n° 5 :
Il est dangereux d'y dévoiler des éléments trop personnels, voire intimes. Car "l'intime désigne l'ensemble des liens qu'un individu décide de retrancher de l'espace social des échanges pour s'en préserver et élaborer son expérience à l'abri des regards", note Michaël Foessel. Le sociologue montre dans son ouvrage "La privation de l'intime" (Seuil), combien l'intime se dissout dans ces systèmes de représentation de soi que sont les blogs, les réseaux en ligne ou même les sites de rencontres, et comment la démocratie en sort fragilisée, car un monde sans intimité perd toutes ses réserves d'esprit critique et de créativité.

Il n'y a que dans un espace intime, où l'on est protégé, que l'on peut remettre en cause ce qui est communément admis sans se soucier du qu'en-dira-t-on et du "politiquement correct". Le drame des salariés licenciés est d'avoir pris "face de bouc" pour un "entre soi".

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Commentaires
a écrit le 09/05/2011 à 7:38 :
personne est obligé d'aller sur Facebook ou d'y créer un compte!
La connerie et la bêtise commence à se payer quelque part maintenant et ce n'est que justice! Je dis bravo a ceux qui ont des actions Facebook!
a écrit le 03/05/2011 à 9:28 :
Arrêtez donc de nous faire gober cette propagande. Même en interne, lorsque vous pointez les incohérences ou faites une critique constructive et argumentée sur l'organisation du travail, on finit par vous licencier pour "remise en cause de votre hiérarchie"! Alors Facebook ou pas Facebook, ce que l'on vous demande tout simplement, c'est de la fermer!

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