Compteurs Linky : cette option désactivée par défaut qui aurait pu rapporter gros
Marine Godelier et Juliette Raynal
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Reuters
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Mise à jour : article publié le 27/11 à 18h, mis à jour le 29/11 à 9h50 avec les éléments du rapport de suivi de la Cour des comptes.
Le déploiement du compteur communicant Linky, ce petit boîtier vert-jaune fluo qui bourgeonne chez les Français, est un succès industriel. Déployé en temps et en heure et à un coût bien moins élevé que prévu (3,9 milliards d'euros contre 4,7 milliards initialement projetés), il équipe aujourd'hui 94% des foyers. Un exploit dans le monde de l'énergie qu'Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité chargé de son implantation, clame haut et fort.
Oui, mais voilà : ce vaste programme aurait pu afficher un meilleur retour sur investissement et rendre encore davantage de services au système. Car s'il permet de relever les consommations à distance et d'anticiper les pannes, un levier important n'a pas été exploité : l'activation de la « courbe de charge ». Or, dans un rapport de Capgemini daté de 2007, qui explore le modèle économique de ce compteur intelligent, cet aspect était présenté comme crucial pour la rentabilité du projet.
Concrètement, la « courbe de charge » renvoie à la consommation d'électricité d'un client sur une période précise, obtenue grâce à ses relevés de puissance. Celle-ci peut être calculée sur un pas d'une heure, d'une demi-heure, voire de dix minutes. Le principe : permettre à chacun d'avoir - et de transmettre à son fournisseur - une vision détaillée de ses usages, afin de mieux les piloter. C'est-à-dire de les réduire ou de les décaler ; comme dans le fameux spot publicitaire du gouvernement « J'éteins, je baisse, je décale ».
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Le compteur Linky permet justement de collecter ce type de données. Selon l'étude technico-économique de Capgemini, activer cette option était même une condition sine qua non pour l'optimisation des coûts du projet. « Seuls les scénarios B et C [qui incluent des courbes de charge au pas horaire, voire plus finement] permettent in fine d'aboutir à un résultat positif » du programme, affirmait alors l'entreprise de conseil. A contrario, « le scénario A », qui ne prévoit pas ce service, « n'apporte pas les fonctionnalités requises pour l'optimisation des coûts sur l'ensemble de la chaîne ».
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