L’option autrefois défendue par l’Etat d’encadrer strictement les prix de l’électricité nucléaire est définitivement enterrée, a fait valoir la ministre démissionnaire de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.Un point de « revoyure » qui n'était en fait qu'un « simple tour de table ». Voici comment la plupart des participants à la réunion sur la régulation des prix de l'électricité après 2025, qui s'est tenue ce jeudi entre l'Etat, EDF et plusieurs parties prenantes, résument l'événement. Et pour cause : malgré la censure de son gouvernement la veille, la ministre (sortante) de l'Ecologie et de l'Energie, Agnès Pannier-Runacher, y a réaffirmé l'accord signé avec l'électricien historique un an plus tôt. Lequel favorise une fixation des prix par les marchés plutôt que leur encadrement strict par l'Etat.
« Il n'y a eu aucune ouverture pour examiner d'autres options », précise un invité. « La possibilité d'une régulation plus poussée a été évoquée, avant d'être immédiatement balayée, sous prétexte qu'elle aboutirait à une désoptimisation collective », ajoute un autre.
Lors de cette réunion, la ministre démissionnaire (qui avait le portefeuille de Transition énergétique au moment de la signature de l'accord avec EDF) a souligné que l'idée d'un contrat pour différence (CfD), qui reviendrait à réguler l'ensemble du parc nucléaire afin d'assurer une visibilité maximale sur les factures, était bel et bien enterrée.
Initialement, cette piste était favorisée par les services de Bercy en 2023. Elle consistait à définir un prix plafond, proche des coûts de production d'EDF (estimés autour de 60 euros par mégawattheure) au-delà duquel les profits de l'énergéticien seraient prélevés par l'Etat. Mais aussi un prix plancher en-dessous duquel il compensait l'entreprise. A l'époque, le gouvernement avait même bataillé pour que la Commission européenne, très vigilante sur les aides d'Etat, accepte ce mécanisme. Et avait obtenu gain de cause.