Le portefeuille de l’Energie multiplie les allers-retours. Et le nouveau gouvernement Bayrou n’y fait pas exception. Ce qui finit par inquiéter les filières concernées.C'est une partie de ping-pong qui commence à raidir la nuque de plus d'un spectateur. Relevant tantôt de l'Economie, tantôt de l'Ecologie, le portefeuille de l'Energie ne cesse d'être bringuebalé entre Bercy et l'hôtel de Roquelaure.
Le nouveau gouvernement Bayrou, présenté lundi soir, marque, en effet, le retour de l'Energie au ministère de l'Economie. Il revient au ministre délégué Marc Ferracci, qui conserve également le portefeuille de l'Industrie, décroché en septembre dernier sous le gouvernement Barnier.
De quoi renouer avec la configuration de début 2024. En effet, lors du remaniement de janvier, le chef de l'exécutif Gabriel Attal avait mis fin au ministère de plein exercice de la Transition énergétique, piloté par Agnès Pannier-Runacher depuis mai 2022. Et confié l'Énergie au ministre délégué Roland Lescure, lequel conservait également l'Industrie. Le tout, sous la houlette de Bruno Le Maire, alors imposant patron de Bercy. Nombreux observateurs y lisaient la volonté de faire passer les enjeux de la souveraineté industrielle et économique du pays devant les questions environnementales, au grand dam des ONG.
Mais, volte-face : en septembre dernier, après un passage au ministère de l'Agriculture, Agnès Pannier-Runacher avait de nouveau récupéré le portefeuille de l'Energie, comme nouvelle ministre de la Transition écologique sous le gouvernement Barnier. Le retour de cette énarque à l'hôtel de Roquelaure avait alors été unanimement salué par les professionnels du secteur. Très estimée pour sa « capacité d'écoute » et sa « très bonne connaissance des dossiers », la députée du Pas-de-Calais était non seulement appréciée par la filière des énergies renouvelables, mais aussi par celle de l'atome civil après qu'elle avait défendu ardemment la fission de l'uranium et les intérêts d'EDF à Bruxelles.
Marine Godelier et Juliette Raynal