Gouvernement Bayrou : découvrez la liste des ministres
Julien Gouesmat

Le Secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler a annoncé, ce lundi, les noms des ministres qui composent le gouvernement de François Bayrou.
Reuters
Julien Gouesmat

Le Secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler a annoncé, ce lundi, les noms des ministres qui composent le gouvernement de François Bayrou.
Reuters
Nommé le 13 décembre dernier à Matignon, François Bayrou avait promis un gouvernement « avant Noël ». Après 10 jours d'entretiens avec les chefs de partis - à l'exception du Rassemblement national et de La France insoumise - le maire de Pau et actuel Premier ministre a réussi à composer avec des personnalités issues de la gauche modérée et de la droite.
Des ministres issus de Les Républicains, Horizons, du Modem, Renaissance, et d'anciens socialistes ont été appelés par le secrétaire général de l'Élysée, au jardin d'hiver du Palais. Avec le retour de plusieurs noms connus de la Macronie et le maintien à leurs postes d'autres ministres, c'est pour un gouvernement de poids lourds politiques qu'a opté François Bayrou, avec 14 ministères et 34 ministres. Dans une lettre adressée aux ministres démissionnaires, le locataire de Matignon a expliqué s'être « efforcé de trouver des équilibres nouveaux » et a annoncé que le gouvernement « ne pourra pas reproduire le précédent »
Ils sont quelques uns à rester dans leurs ministères, à l'image de Bruno Retailleau (Les Républicains) qui conserve son poste de ministre de l'Intérieur, ou Rachida Dati au ministère de la culture. D'autres obtiennent de nouveau un portefeuille après avoir quitté leurs fonctions ministérielles. C'est le cas de Gérald Darmanin (Renaissance) qui, après 4 ans place Beauvau, devient Garde des sceaux.
Autre retour, celui de l'ancienne Première ministre Élisabeth Borne (Renaissance) qui hérite d'un grand ministère de l'Éducation nationale, de l'enseignement supérieur, de l'innovation, de la recherche et de l'insertion. L'important portefeuille acquis aujourd'hui et les 20 mois passés à Matignon par la nouvelle ministre, la place en première dans l'ordre protocolaire.
Le gouvernement comptera un autre ancien Premier ministre en la personne de Manuel Valls. L'ex-socialiste, aujourd'hui chez Renaissance, a été nommé en charge des Outre-mer. Un poste clé une semaine seulement après le passage du cyclone Chido à Mayotte. Il pourra également compter, comme ancien ministre de François Hollande, sur l'ex maire de Dijon, François Rebsamen, nommé Ministre de l'Aménagement du territoire et de la Décentralisation.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

A Bercy, comme ministre de l'Économie, c'est l'actuel Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, Eric Lombard, qui aura la lourde de tâche de gérer le déficit, la dette et surtout le prochain budget. Passé à la tête de plusieurs grands groupes d'assurance, et initié à la politique à gauche, aux cotés de Michel Sapin sous François Mitterand, le nom du troyen avait déjà circulé au cours de l'été pour Matignon.
A 66 ans, il avait été reconduit à la tête de la Caisse des dépôts début 2023, et n'a pas à rougir de son bilan : un bénéfice net de 3,9 milliards d'euros, l'an dernier. Si il s'est déjà dit « en phase avec l'itinéraire et le projet d'Emmanuel Macron », il n'a pas non plus hésité à faire part de critiques, notamment contre la réforme des retraites ou encore la gestion de l'Agence des participations de l'Etat et le Trésor public.
Catherine Vautrin, redevient ministre du Travail, après une parenthèse Astrid Panosyan-Bouvet durant le gouvernement de Michel Barnier.
Coté international, Jean-Noël Barrot conserve le Quai d'Orsay, et son collègue Sébastien Lecornu reste également en poste à l'Hôtel de Brienne, comme ministre des Armées. Pas de changement non plus pour Annie Genevard à l'agriculture et Agnès Pannier-Runacher, qui reste à la Transition écologique, en perdant toutefois le portefeuille de l'Energie.
Le libéral Guillaume Kasbarian (Renaissance) n'a pas été reconduit comme ministre de la fonction publique. Laurent Marcangelli lui a été préféré. L'ancienne membre du Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, Marie Barsacq, a, quant à elle, été nommée Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative.
Si le Parlement a voté en urgence la loi spéciale, le pays devra se doter d'un budget plus précis et complexe pour l'exercice 2025. Mais plane déjà au dessus de la tête du gouvernement Bayrou la même foudre qui a frappé celui de Michel Barnier : une potentielle motion de censure. Pour le moment, seule La France insoumise a déjà annoncé voter la censure dès le discours de Politique générale du Premier ministre, prévu le 13 janvier prochain.
Mais en l'absence de ministres issus du Nouveau front populaire, et avec la présence de poids lourds de la droite, le gouvernement Bayrou devra manœuvrer pour ne connaitre le même sort que son prédécesseur. Le patron du Parti socialiste Olivier Faure a déjà dénoncé, ce soir, « une droite extrême au pouvoir, sous la surveillance de l'extrême droite.» Il a été rejoint par sa camarade écologiste Marine Tondelier qui fustige « l'indignité » de François Bayrou, qui « se remet entre les mains de l'extrême droite », selon elle.
Mais la gauche seule ne peut pas faire tomber le gouvernement, faute de voix. Ce sont également celles du Rassemblement national qui ont fait chuter Michel Barnier début décembre. Malgré l'absence de Xavier Bertrand - bête noir de la formation d'extrême droite - dans le gouvernement Bayrou, le président du parti, Jordan Bardella, a accusé le Premier ministre d'avoir « réuni la coalition de l'échec.»
À lire également
Julien Gouesmat