La reconversion des centrales à charbon vire au casse-tête
Juliette Raynal avec Florence Falvy
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Mobilisation de la CGT en avril 2023 devant la centrale de Gardanne (Bouches-du-Rhône).
Reuters
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Mobilisation de la CGT en avril 2023 devant la centrale de Gardanne (Bouches-du-Rhône).
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Le dossier est aussi complexe qu'explosif et illustre toute la difficulté de répondre à la fois aux enjeux climatiques, environnementaux, sociaux et économiques. A l'ancienne centrale à charbon de Gardanne (Bouches-du-Rhône), l'impatience enfle parmi les travailleurs après neuf mois d'une production à l'arrêt. « L'ensemble des salariés du site, ceux de la sous-traitance, ainsi que les dockers sont dans le flou total », déplore Jean-Michel Roccasalva, délégué syndical CGT à la centrale de Gardanne. L'unité Provence 4 biomasse, censée fonctionner depuis 2016 grâce au bois, devait redémarrer en septembre, mais cette perspective semble de nouveau s'éloigner en l'absence d'un accord entre le propriétaire de la centrale, GazelEnergie, et le gouvernement démissionnaire sur le montant d'une aide publique, indispensable à sa viabilité économique.
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GazelEnergie, filiale du groupe EPH de l'homme d'affaires tchèque Daniel Kretinsky, est en négociations depuis plusieurs mois avec l'exécutif afin de bénéficier d'un prix de rachat de l'électricité produite à partir de cette centrale, ceux observés sur les marchés étant bien trop faibles pour couvrir ses coûts de production. A l'origine, l'entreprise bénéficiait d'un contrat de rachat auprès d'EDF, mais elle a choisi de dénoncer celui-ci en 2022 lorsque les prix de marché atteignaient des niveaux mirobolants, tirés par la guerre en Ukraine. Un très mauvais pari puisque ces derniers ont drastiquement chuté depuis. Ainsi, ce vendredi 30 août, le mégawattheure sur le marché de gros français est environ sept fois moins cher qu'il y a deux ans. « Nous ne sommes pas sortis du contrat pour profiter des prix de marché, mais parce que les coûts liés à la biomasse ont explosé. Le tarif de rachat fixé dans le contrat était ainsi devenu inférieur à nos coûts de production », assure aujourd'hui une porte-parole de l'entreprise. « Nous étions en pertes en 2022, nous avons enregistré 40 millions d'euros de pertes en 2023 et nous serons également en pertes en 2024 », ajoute-t-elle.
Juliette Raynal avec Florence Falvy