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Les drones russes et les frappes israéliennes font bondir le prix du pétrole

latribune.fr

Publié le 10 septembre 2025 à 09:59 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 20:20

Le baril de Brent grimpe à 67,02 dollars, reflétant des inquiétudes croissantes sur l’approvisionnement énergétique.

Le baril de Brent grimpe à 67,02 dollars, reflétant des inquiétudes croissantes sur l’approvisionnement énergétique.

Reuters

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L’augmentation du prix du pétrole, avec le baril de Brent à 67,02 dollars, résulte de tensions géopolitiques croissantes, notamment l’interception de drones russes par la Pologne et les frappes israéliennes au Qatar, révélant la vulnérabilité des marchés énergétiques mondiaux.

De l'interception de drones russes en espace aérien polonais à des frappes israéliennes au Qatar, l'onde de choc géopolitique secoue le marché pétrolier. Cette instabilité, exacerbée par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, met en lumière la vulnérabilité de l'approvisionnement énergétique mondial et pose de nouvelles questions sur la sécurité et la stabilité des marchés financiers.

Ce mercredi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre a grimpé de 0,95 %, atteignant 67,02 dollars, tandis que son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), a gagné 1,05 %, se négociant à 63,29 dollars. Cette augmentation modérée mais significative est le reflet direct des inquiétudes des opérateurs face à un climat international de plus en plus tendu. La Pologne, membre de l'Otan et voisin de l'Ukraine, a signalé avoir abattu des drones russes, une « violation sans précédent » de son espace aérien selon l'armée polonaise. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a d'ailleurs qualifié cet acte de « violation flagrante et sans précédent » et a dénoncé le « mépris flagrant du président Poutine pour la paix », une déclaration qui souligne la gravité de la situation au niveau diplomatique et militaire.

Le jeu des sanctions et l'impact sur l'économie russe

Cet événement renforce la probabilité de nouvelles sanctions économiques de la part de l'Europe et des États-Unis. Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management, estime que cela représente un « risque haussier pour le pétrole » et ses produits raffinés. La Russie, deuxième exportateur mondial de pétrole, finance une partie significative de son effort de guerre en Ukraine grâce à ses revenus pétroliers. C'est pourquoi le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a évoqué l'idée de « droits de douane sur les pays qui achètent le pétrole russe ». Selon lui, de telles mesures pourraient entraîner « l'effondrement de l'économie russe », forçant ainsi Moscou à la table des négociations.

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Cette stratégie de pression économique met en évidence la complexité des interdépendances mondiales. Pour les entreprises européennes et américaines, de nouvelles sanctions pourraient signifier une volatilité accrue des prix de l'énergie et des coûts d'approvisionnement plus élevés. Les entreprises qui dépendent du pétrole russe, même indirectement, devront revoir leurs chaînes d'approvisionnement pour minimiser les risques. Les particuliers pourraient également subir les conséquences de cette instabilité par le biais d'une augmentation du prix de l'essence à la pompe et, potentiellement, d'une hausse des coûts de production de biens et de services.

Le Moyen-Orient en ébullition et l'offre excédentaire

En parallèle, les regards se tournent vers le Moyen-Orient, un autre baril de poudre géopolitique. Les frappes israéliennes contre des dirigeants du Hamas à Doha, au Qatar, ont ajouté une couche de complexité. Le Qatar, qui a joué un rôle de médiateur clé dans le conflit de Gaza, a mis en garde contre une « riposte » possible. Bien que le pays ait réaffirmé sa volonté de poursuivre sa médiation, ces menaces font peser un risque supplémentaire sur la stabilité de la région, cruciale pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures.

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Néanmoins, la hausse des cours reste contenue par des prévisions qui tablent sur une offre excédentaire dans les mois à venir. Le rapport de l'Agence américaine sur l'énergie (EIA) anticipe une augmentation des stocks qui devrait faire baisser le prix du Brent à une moyenne de 59 dollars le baril au quatrième trimestre. Ce décalage entre les tensions géopolitiques immédiates, qui poussent les prix à la hausse, et les fondamentaux du marché à plus long terme, qui prévoient une surabondance, illustre la complexité du marché pétrolier. Les opérateurs doivent naviguer entre les événements du jour et les perspectives d'avenir, créant un marché imprévisible où les risques peuvent se matérialiser à tout moment.

(Avec agences)

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