Pétrole : les marchés avaient anticipé les annonces de l'Opep+
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À 16 h 30 ce lundi 8 septembre, le baril de Brent dépassait à peine les 66 dollars. (Photo d'llustration.)
Reuters
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À 16 h 30 ce lundi 8 septembre, le baril de Brent dépassait à peine les 66 dollars. (Photo d'llustration.)
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Dans le monde du pétrole, l'heure n'est définitivement plus à la course au profit, mais bien à la diminution de celui des concurrents. Hier, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés russes, kazakhs et omanais, regroupés dans l'Opep+, ont décidé de rehausser leur production. Dès le mois d'octobre, 137 000 barils supplémentaires seront remplis chaque jour.
Malgré les annonces dominicales, le prix du baril de Brent de la mer du Nord augmente d'un peu plus de 1 % ce lundi. Même insensibilité aux communiqués de l'Opep+ pour le West Texas Intermediate (WTI) qui gagne 1,3 %. Ces courbes ascendantes sur les écrans de contrôle des négociants signalent avant tout leur anticipation des annonces faites ce dimanche. Les rumeurs, persistantes depuis plusieurs semaines, avaient permis d'intégrer une baisse de prix. La légère hausse des prix aujourd'hui a également été attisée par les menaces de sanctions secondaires sur le pétrole russe par les États-Unis. Depuis maintenant six mois il fait ne plus beaucoup de doutes que l'Opep+ a abandonné son objectif d'un baril à 80 dollars, celui-ci oscillant, pour le brut, autour de 66 dollars aujourd'hui. En 2025, le cartel a déjà augmenté sa production de plus de 2 millions de barils quotidiens. D'après les plus récents communiqués, il envisage la possibilité d'en injecter encore 1,65 million supplémentaire, selon l'évolution de la demande.
Une surenchère, non seulement anticipée, mais qui finit aussi par laisser de marbre tant certains finissent par douter de la capacité des pays pétroliers à produire autant. Selon des analystes, quelques membres du cartel ont largement surproduit au cours des derniers mois, au-dessus des annonces de production, et les 137 000 barils supplémentaires annoncés dimanche seraient en partie constitués de cet excédent.
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La stratégie de surenchère de l'Opep+ vise directement ses concurrents dans le but de les étouffer. États-Unis, Canada, Brésil et Norvège sont dans son viseur. En augmentant sa production, il leur prend des parts de marché, tout en les obligeant à rogner leurs marges. Les majors américaines symbolisent parfaitement cette course par le bas : malgré une production record, elles ont été contraintes de licencier des milliers de salariés ces derniers mois. Ainsi, 15 % à 20 % des effectifs de Chevron quitteront l'entreprise d'ici à 2026. À la fois cause et conséquence de ces coupes : les majors fusionnent entre elles dans le cadre d'un important mouvement de concentration, inédit depuis trente ans.