Comment l’Europe continue d'acheter du pétrole russe malgré les sanctions
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Une usine pétrolière à Irkoutsk en Russie.
Reuters
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Une usine pétrolière à Irkoutsk en Russie.
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À quelques heures d'une nouvelle rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine, la pression monte pour le dirigeant russe : les revenus énergétiques de son pays, véritable manne pour financer la guerre en Ukraine, fondent comme neige au soleil. Selon un budget prévisionnel approuvé mi-juin par la Douma, le gouvernement anticipe de ne tirer « que » 105 milliards de dollars de recettes de la vente de pétrole et de gaz cette année, soit 21,5 % des revenus fédéraux. Contre 137 milliards attendus jusqu'alors.
De quoi porter un coup à l'économie puisque en 2024, ce chiffre s'élevait à 140 milliards de dollars, en hausse de 26 % par rapport à l'année précédente. La faute aux sanctions occidentales, et notamment européennes ?
Côté pile, le Vieux Continent a significativement réduit sa dépendance à son voisin de l'est. Avant l'invasion de l'Ukraine, 45 % du gaz qu'il consommait provenait de Russie, contre environ 20 % aujourd'hui. Même son de cloche sur le pétrole : les mesures mises en place par l'UE, notamment l'embargo décidé fin 2022 avec le Royaume-Uni, ont coûté plus de 100 milliards de dollars de recettes d'exportation à Moscou, a récemment calculé l'institut KSE.
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Côté face, les États membres continuent d'importer massivement ces combustibles fossiles, souvent de manière indirecte puisque la plupart des sanctions peuvent être contournées. Si bien que depuis le début du conflit, avec l'équivalent de 212 milliards d'euros d'hydrocarbures achetés contre près de 180 milliards envoyés à Kiev, « l'Europe a donné plus d'argent à la Russie sous forme de factures énergétiques que d'aide à l'Ukraine », pointe Ines Bouacida, chercheuse à l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).