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ÉconomieInternational

L'UE frappe à nouveau le pétrole russe pour faire plier Moscou

Photo de Agathe Perrier

Agathe Perrier

Publié le 18 juillet 2025 à 11:30 - Mis à jour le 18 juillet 2025 à 11:30

En baissant le prix du pétrole russe et en fixant un maximum, les Occidentaux veulent limiter la manne financière que la Russie tire de son pétrole (photo d'illustration).

En baissant le prix du pétrole russe et en fixant un maximum, les Occidentaux veulent limiter la manne financière que la Russie tire de son pétrole (photo d'illustration).

Reuters

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Les Vingt-Sept ont adopté ce vendredi une nouvelle série de sanctions contre la Russie. Elles s’attaquent notamment au prix du pétrole russe autorisé à l’exportation, pour affaiblir les revenus de Moscou qui lui servent à financer sa guerre en Ukraine. Il reste toutefois des conditions à réunir pour que cette mesure atteigne pleinement son effet.

« L'Union européenne vient d'adopter l'un des paquets de sanctions les plus sévères contre la Russie à ce jour ». C'est en ces termes que la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a officialisé ce vendredi la 18e salve de mesures prise par les Vingt-Sept contre Moscou.

La plus emblématique est l'abaissement du plafond du prix du pétrole brut russe exporté. Fixé à 60 dollars le baril (environ 52 euros) depuis fin 2022, il va être descendu à 45 dollars (39 euros). Autrement dit, il est interdit, pour n'importe quelle structure — compagnie pétrolière, flotte marchande, etc. —, de vendre du pétrole russe au-dessus de ce prix, sous peine de sanctions. L'UE « maintiendra la pression jusqu'à ce que la Russie arrête sa guerre », a assuré la responsable.

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Un plafond à l'effet limité

En fixant un maximum au prix du pétrole russe exporté, les Occidentaux veulent limiter la manne financière que Moscou tire de son or noir et qui s'avère essentielle pour financer sa guerre contre l'Ukraine. Selon Kaja Kallas, le seuil précédent de 60 dollars le baril a permis de réduire de 30 % les revenus pétroliers russes. Pour autant, les exportations de pétrole représentent toujours « un tiers des revenus de la Russie », a reconnu la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en juin.

Globalement, le mécanisme s'est, en effet, révélé inefficace. Car, entre le moment où le plafond a été fixé et aujourd'hui, les prix du pétrole sur le marché ont fluctué, s'affichant parfois sous le seuil de 60 dollars. En mai, par exemple, le brut russe de marque Oural s'est vendu en moyenne à 52 dollars le baril sur le marché, selon des chiffres officiels. Or, pour que la mesure de plafonnement soit efficace, son niveau doit être inférieur au prix du baril sur le marché. C'est le cas avec ce tarif de 45 euros, qui représente un écart de 15 % avec le prix actuel. Reste désormais à maintenir cette différence. Pour cela, Bruxelles a instauré un nouveau système de calcul qui adaptera le montant du seuil à l'évolution des prix du marché. Ainsi, si le prix du baril baisse sur le marché, le plafond de l'UE sera lui aussi automatiquement réduit.

Autre point essentiel : le plafond doit être appliqué par l'ensemble des membres du G7, les sept pays les plus industrialisés, pour pleinement porter ses fruits. Ce qui n'est pas assuré pour le nouveau seuil. Si certains pays, comme le Japon et le Canada, ont fait part de leur intention de se rallier au mécanisme européen, selon des diplomates, l'inconnue porte sur l'implication des États-Unis. Le président américain Donald Trump mène pour le moment sa propre stratégie. Il a fixé lundi un ultimatum à son homologue russe, Vladimir Poutine, lui laissant 50 jours pour mettre fin à la guerre en Ukraine sous peine de sanctions sévères — des droits de douane de 100 % sur les alliés de Moscou. L'UE espère que, si rien n'a changé sur le front à l'expiration de ce délai, Washington rejoindra alors son mécanisme sur le prix du pétrole russe. Rien ne le garantit à ce stade.

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La Russie réussit toutefois à contourner ces sanctions et à écouler son pétrole en le faisant transiter grâce à une flotte « fantôme ». Soit quelque 500 pétroliers, souvent vétustes et non immatriculés, qui lui permettent d'exporter son or noir en passant sous les radars de Bruxelles et donc au prix du marché.

L'UE cherche à identifier ces navires pour les placer sur sa « liste noire ». Car, sous sanction, ils n'ont plus le droit d'accoster dans un port européen, de s'approvisionner en nourriture ou de changer d'équipage. 105 y ont été ajoutés dans le cadre de ce 18e paquet, portant l'ensemble des navires bannis à 447.

Les « listes noires » étoffées

L'UE a également étoffé de 22 noms son autre « liste noire », recensant les personnes et entités (entreprises, organisations...) sous sanctions. Au total, quelque 2 400 noms y figurent. Concrètement, leurs avoirs détenus sur des comptes ouverts dans des banques de l'UE sont gelés. Il est également interdit de mettre à leur disposition, directement ou indirectement, des fonds ou des avoirs. À cela s'ajoute, pour les personnes, une interdiction de voyager sur le territoire de l'UE, que ce soit par voie terrestre, aérienne ou maritime, y compris seulement pour transiter.

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Les Européens ont également renforcé leurs sanctions financières en ajoutant 22 banques à celles déjà interdites d'accès au système international de paiements, baptisé Swift. Ces banques ne peuvent plus ni obtenir des devises étrangères, ni transférer des avoirs à l'étranger. « Cela ramène les paiements à l'époque où le téléphone et le télécopieur étaient utilisés pour confirmer chaque transaction, explique le Conseil européen sur son site internet. Techniquement, les banques pourraient effectuer des transactions sans passer par le système Swift, mais c'est une opération coûteuse et complexe qui nécessite une confiance mutuelle entre les établissements financiers ».

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Enfin, les Vingt-Sept ont adopté de nouvelles sanctions contre le gazoduc Nord Stream afin de s'assurer qu'il ne puisse pas être réactivé. Pour rappel, ces conduites qui servent à faire transiter le gaz russe vers l'Europe sont actuellement à l'arrêt depuis des explosions inexpliquées en septembre 2022 qui les ont fortement endommagées. Un tuyau semble néanmoins intact et le risque est qu'il soit utilisé pour relancer les flux bien qu'il n'ait jamais obtenu l'autorisation d'exploitation nécessaire depuis son achèvement en 2021.

Agathe Perrier

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