LES GUERRES DE L'EAU (1/7) : Aux Etats-Unis, la soif des Navajos
Étienne De Metz
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L’absence d’eau courante est un souci quotidien pour les Navajos.
© LTD / GINA FERAZZI/LOS ANGELESTIMES/POLARIS/STARFACE
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L’absence d’eau courante est un souci quotidien pour les Navajos.
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Comme tous les matins, Marlan Manson gare son pick-up poussiéreux sur un parking de Page, petite bourgade aride du nord de l'Arizona. À 8 heures, le soleil tabasse déjà la terre rouge, alors le jeune père rehausse ses lunettes de soleil. Il s'approche d'une pompe d'où sort un tuyau vert, s'empare de celui-ci et le glisse dans l'énorme bidon qui occupe l'arrière de son camion. Après l'avoir rempli, le quadragénaire à la longue barbichette pourra rentrer chez lui avec 500 gallons d'eau (environ 1 900 litres). De quoi hydrater la famille, arroser les cerisiers, faire fonctionner la douche, abreuver les 15 chevaux. L'été commence, ces derniers seront bientôt assoiffés. Le guide équestre ne vit qu'à 60 mètres de Page, mais les systèmes de canalisation de la ville ne s'étendent pas jusqu'à sa maison. Comme lui, 30 % des citoyens de la nation Navajo, la plus étendue du pays, n'ont pas d'accès direct à l'eau courante. « C'est triste à dire, soupire Marlan Manson, mais c'est notre réalité, nous n'avons jamais vraiment eu de droits sur l'eau. »
Étienne De Metz