Pour le ministre de l'Industrie et de l'Énergie, la semaine dernière fut longue, très longue. La raison tient en un mot : « moratoire ». Jeudi dernier, lors de l'examen de la proposition de loi « Gremillet » à l'Assemblée nationale, les députés, en majeure partie issus des rangs du RN et des LR, ont voté un amendement excluant tout bonnement le développement de nouveaux projets éoliens et solaires.
Deux énergies renouvelables qui aujourd'hui fédèrent une filière d'environ 80 000 emplois en France. D'ailleurs, cette dernière n'a pas manqué d'exprimer sa très forte inquiétude à travers plusieurs prises de parole médiatiques.
À l'occasion d'une visite ce lundi sur le flambant neuf parc éolien de l'île d'Yeu, en face de Noirmoutier (Vendée), Marc Ferracci n'a pas mâché ses mots pour fustiger ce vote. Dans le train amenant sa délégation à la gare de Nantes, il s'est exprimé auprès de quelques journalistes en ces termes : « Les oppositions, RN, LR, notamment, doivent se rendre compte qu'en introduisant un moratoire sur l'éolien et le solaire, ils pénalisent tout un secteur industriel ». Se montrant encore plus grave, il a ajouté plus tard dans la journée : « Cet amendement n'est pas un moratoire, il est un arrêt de mort de la filière renouvelable en France. »