Pourquoi l’électricité solaire ne séduit pas les entreprises, malgré la fin du nucléaire à prix cassé
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
GreenYellow
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
GreenYellow
En théorie, les planètes sont alignées. Dès la fin de l'année, l'Arenh, ce dispositif permettant aux industriels d'acheter plus de la moitié de l'électricité qu'ils consomment à prix cassé, disparaîtra en vertu de la libéralisation du marché européen de l'énergie. En toute logique, cela devrait favoriser la signature de PPA (Power purchase agreement), ces contrats privés conclus de gré à gré entre une entreprise et un producteur d'électricité « verte », notamment solaire, pour se fournir à un prix garanti sur 5 à 20 ans. Face au grand flou qui s'annonce, les industriels doivent redoubler d'inventivité afin de se couvrir au tarif le plus bas, et, si possible, sur le long terme. Une fenêtre de tir pour les acteurs du solaire.
Et pourtant, paradoxalement, l'appétit pour les PPA peine toujours à décoller. « En 2025, ils représentent à peine 4% de l'approvisionnement de nos membres, qui sont pour beaucoup dans le tertiaire donc les premiers concernés », souligne Frank Roubanovitch, président de l'association de grands consommateurs d'énergie Cleee. « Les industriels ne ressentent pas d'urgence à signer des PPA », ajoute Mathieu Lassagne, PDG de Ze Energy, un producteur d'énergie solaire adossée à des batteries.
Certes, il existe un regain d'intérêt par rapport à l'année dernière, alors que la demande était complètement en berne. « Ces derniers mois, nous avons été deux fois plus sollicités qu'en 2024 », note Alexandre Soroko, directeur de l'activité électricité & PPA chez la société de conseil Greensolver. Mais pour Frank Roubanovitch, « il n'y a pas de dynamique majeure ». Et pour cause, selon lui : « Les PPA n'offrent aucune protection aux entreprises qui les souscrivent, au contraire. »