André Joffre, le président perpignanais du pôle régional de compétitivité Derbi-Cemater (regroupant 300 membres du secteur de l'énergie solaire), était parmi les premiers à tirer la sonnette d'alarme au lendemain du 19 juin, quand un amendement visant à instaurer un moratoire et à suspendre « l'instruction, l'autorisation et la mise en service de tout nouveau projet d'installation de production d'électricité éolienne et solaire » a été voté par l'Assemblée nationale. Un texte adopté dans un hémicycle clairsemé, par 65 voix pour (dont 57 du RN) et 62 contre.
Depuis, la filière des énergies renouvelables (ENR) est sous le choc. La petite musique qui monte et les dénigre concerne notamment l'énergie photovoltaïque : investir massivement dans le solaire pourrait finir par coûter trop cher. Et pour cause : les Français consomment moins d'électricité que prévu, et les investissements consentis dans les moyens de production pourraient s'avérer bien trop importants au regard des besoins réels. Le gouvernement a d'ailleurs revu ses ambitions à la baisse : dans la nouvelle version de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), repoussée à la fin de l'été 2025, la cible 2035 de la filière solaire est passée de 75-100 GW à 65-90 GW.