Prolongation du nucléaire belge : nouvelle saga en vue pour Engie
Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Vue sur la centrale nucléaire de Tihange en Belgique, exploitée par le groupe français Engie.
Reuters
Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Vue sur la centrale nucléaire de Tihange en Belgique, exploitée par le groupe français Engie.
Reuters
Contrairement à sa volonté, Engie est bien loin de tourner la page du nucléaire. Le groupe tricolore s'apprête même à entrer dans un nouveau chapitre de négociations après une première saison d'intenses tractations avec l'exécutif belge, en 2023, actant la prolongation des réacteurs Doel 4 et Tihange 3 jusqu'en 2035.
En effet, depuis quelques jours, Mathieu Bihet le ministre belge de l'Energie multiplie les interventions médiatiques. Le désormais surnommé « Atomic Boy » défend le retour du nucléaire dans la politique énergétique de la monarchie fédérale alors que la chambre des représentants doit se prononcer, jeudi 15 mai, pour amender en profondeur les dispositions de la loi de 2003. Objectif : donner un cadre légal permettant le développement de la production électrique à partir de la fission nucléaire, alors que le texte législatif, dans sa mouture initiale, organisait justement la sortie progressive du Plat Pays de l'atome civil.
L'issue du vote laisse peu de place au suspens. « Une majorité solide est désormais favorable au nucléaire, les partis de gauche ne s'y opposent plus. Seuls les écologistes y sont encore défavorables mais ils ne souhaitent plus aller sur ce combat-là », résume Damien Ernst, spécialiste de l'énergie et professeur à l'université de Liège.
À lire également
Comme la France, avec le discours de Belfort de février 2022 actant la relance du nucléaire, la Belgique s'apprête à vivre un revirement stratégique majeur sur cette question. Le nouveau gouvernement de centre droit, qui n'inclut plus les écologistes, est bien déterminé à prolonger les centrales atomiques existantes et à construire des capacités supplémentaires, jusqu'à 4 gigawatts (soit l'équivalent, peu ou prou, de trois réacteurs de type EPR) selon les médias belges. « L'idéologie antinucléaire s'est fracassée sur le mur de la réalité », clamait récemment Mathieu Bihet au micro de RTBF. « Aujourd'hui, nous n'avons plus le luxe de nous passer du nucléaire », ajoutait-il.
Juliette Raynal
Alimentation : pourquoi le blé français est menacé par l'explosion des importations
Forêts : « Plusieurs réglementations européennes très lourdes posent problème à la Suède »
Vins de Bordeaux : les prix des vignes s'effondrent en Gironde
Climat : en Suède, la forêt est devenue une industrie du futur