Thomas Veyrenc, l'homme du réseau
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Thomas Veyrenc
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« J'avais besoin de deux choses dans ma vie professionnelle : du service public et d'un grand objet technique, économique, politique complexe », résume Thomas Veyrenc, directeur général du gestionnaire du réseau de transport d'électricité (RTE), depuis une salle de réunion aux larges baies vitrées. Quelques minutes avant, une très jeune stagiaire, s'est éclipsée avec un peu de lecture, de nombreuses municipalités ayant prié les parents de ne pas laisser leurs enfants dans la fournaise des écoles, en première ligne du changement climatique. « Le système électrique interconnecté est l'une des plus grandes inventions du 20e siècle et représente une somme de complexités considérables, reprend Thomas Veyrenc. Ce que j'adore, c'est ça ».
Pur produit de la maison, ou presque, le quarantenaire originaire du Val-de-Marne est le chef d'orchestre d'une publication éminemment stratégique : Les Futurs Énergétiques 2050. Publié pour la première fois en octobre 2021, l'épais document d'environ 1 000 pages présente les différents scénarios de mix de production permettant d'atteindre la neutralité carbone d'ici la moitié de notre siècle. De quoi éclairer les pouvoirs publics sur une question, ô combien sensible : à quoi pourrait ressembler notre système électrique en 2050 ?
Plus discret que Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE, dont le mandat de cinq ans vient d'être renouvelé, les deux hommes forment, depuis plusieurs années déjà, un solide binôme. «Thomas briefe beaucoup Xavier sur tous les aspects techniques, Xavier lui apporte la dimension politique », résume-t-on. Connu pour être « un très gros bosseur qui ne compte pas ses heures », l'ingénieur est apprécié de ses jeunes équipes réputées, elles aussi, « très engagées ». « Le corollaire de tout ça, c'est une très grande exigence ».
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De fait, les prochains mois s'annoncent particulièrement studieux pour ses équipes. Depuis juillet, une centaine de personnes planchent, sous sa direction, sur une nouvelle version des Futurs énergétiques 2050, attendue pour l'automne 2026. « Il s'agit d'étudier différentes trajectoires, de documenter leur robustesse technique, leurs coûts, leurs conséquences environnementales et de décrire le système électrique et la société que cela implique », expose l'ingénieur, qui a pris l'habitude de rédiger ces rapports sur fond d'opéra. A quelques mois à peine de la prochaine élection présidentielle, cette publication sera, sans nul doute, scrutée par toutes les forces politiques.
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