Canicule : ces secteurs les plus exposés aux fortes chaleurs

Le secteur du bâtiment et travaux publics est particulièrement affecté par les fortes chaleurs.
Reuters

Le secteur du bâtiment et travaux publics est particulièrement affecté par les fortes chaleurs.
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La vague de chaleur va continuer de déferler en France cette semaine, avec pas moins de 84 départements placés en « vigilance orange canicule » ce lundi. Selon Météo-France, le thermomètre affichera 34 degrés sur quasiment toute la France, avec des pics à 40 degrés à certains endroits. Si ce genre d'épisode météorologique a un impact sanitaire avéré, l'effet négatif est aussi économique. Tour d'horizon des premiers secteurs affectés.
Sans surprise, les fortes chaleurs mettent à rude épreuve le système de santé et ses coûts. La dernière étude précise sur le sujet a été publiée en 2021 par Santé Publique France et le CNRS, qui ont analysé la période 2015-2020. D'après ces travaux, le coût sanitaire total des canicules durant cette période a oscillé entre 16 et 30 milliards d'euros supplémentaires. 82 % de ce coût est lié à la surmortalité induite par les canicules.
Le secteur agricole est aussi en première ligne face aux fortes chaleurs. Selon les experts, les rendements des grandes cultures comme le maïs ou le blé peuvent chuter de 20 à 30 % lors des étés caniculaires. Un phénomène accentué par la baisse de volume des nappes phréatiques, utilisé par de nombreux agriculteurs comme source d'eau pour l'irrigation.
L'élevage n'est pas non plus épargné par les canicules : les épisodes de stress thermique peuvent entraîner des pertes de production (lait, œufs, viande) et une hausse de la mortalité animale (+10 % dans certains élevages bovins). Selon le Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne, la sécheresse et les canicules de l'année 2022 ont causé une perte agricole d'environ 6,7 milliards d'euros dans l'UE, dont une part significative en France.
Les canicules ont également un impact global sur la productivité des travailleurs. Tout particulièrement sur ceux exposés directement à la chaleur : bâtiments et travaux publics, transports en commun, logistique. Les experts estiment que la productivité baisse dès 30 °C, avec des arrêts d'activité à partir de 35-38 °C.
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Au-delà de 32 °C, les pertes de productivité peuvent aller de 15 à 30 %. Selon Santé Publique France et le CNRS, le coût du temps de travail dégradé (productivité diminuée, absentéisme, accidents) a coûté au global près de 6,3 milliards d'euros, sur la période 2015-2020.
Moins visible, l'impact de la chaleur sur le secteur énergétique est bel et bien là. En effet, la demande en électricité de certains appareils électroménagers, comme les climatiseurs et réfrigérateurs, augmente en période caniculaire. Selon RTE, rien que sur Paris, la consommation d'électricité augmente de 25 % à Paris, lors des pics de chaleur à 35 °C. La chaleur peut aussi impacter le parc nucléaire : lors de la canicule de l'été 2022, 15 réacteurs EDF ont dû être partiellement arrêtés en raison de la température élevée des cours d'eau de refroidissement.
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Les infrastructures de transport sont aussi affectées par les chaleurs extrêmes, car elles ne sont pas conçues pour y faire face, du moins à partir d'un certain niveau. Ainsi, la SNCF impose des ralentissements lorsque les rails se dilatent, provoquant retards et annulations de trains. Certaines pistes d'aéroports peuvent être temporairement fermées à cause du goudron fondu. Lors de la canicule 2022, l'aéroport de Londres Luton a dû fermer sa piste principale. Ceux de Toulouse, Marseille, Montpellier ou encore Nice, situés dans le sud de la France, sont en vigilance particulière en cas de fortes chaleurs.