Stratégie énergétique : le moratoire sur les renouvelables rejeté, le feuilleton continue
Juliette Raynal
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Comme l'on pouvait s'y attendre, la proposition de loi Grémillet visant à définir la feuille de route énergétique de la France a largement été rejetée cet après-midi à l'Assemblée nationale. 377 députés ont voté contre et 142 députés ont voté pour. Le bloc macroniste, les socialistes et les écologistes se sont massivement prononcés contre le moratoire sur les énergies renouvelables, instauré jeudi dernier par amendement, dénaturant la portée du texte de loi.
Les Républicains, pourtant à l'origine de cet amendement largement soutenu par le Rassemblement national, se sont, eux, abstenus. Le groupe de Laurent Wauquiez ne voulait « pas valider certaines modifications portées par LFI ou le RN », a rapporté plus tôt dans l'après-midi Le Figaro. Ces mesures qui visaient à passer EDF en établissement public d'intérêt commun (Epic) et à sortir du marché européen « sont quand même pratiques, elles permettent aux présidents de groupe de s'acheter à peu de frais une posture pour cacher le faits qu'ils avaient déserté l'hémicycle », commente sur X Alexis Quentin, spécialiste des questions énergétiques et observateur assidu de ce débat parlementaire.
Sans surprise, le RN, très mobilisé lors de cet examen dans un hémisphère déserté par de nombreux groupes politiques, a voté pour. Le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy a, lui, dénoncé la « lâcheté » du groupe Droite républicaine.
C'est un ouf de soulagement pour la filière des énergies renouvelables, qui redoutait la suppression de dizaines de milliers d'emplois et alertait sur les risques de perte de souveraineté énergétique de la France en l'absence de nouveaux parcs éoliens et solaires.
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Et maintenant ? Comme la navette parlementaire le veut, le texte sera examiné en deuxième lecture au Sénat les 8 et 9 juillet prochain, mais dans sa mouture initiale. C'est-à-dire telle que les sénateurs l'avaient voté, en première lecture, en octobre dernier.
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Juliette Raynal