Pape François : un héritage durable dans la pensée écologique
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L'encyclique Laudato si' publiée en 2015 a durablement marqué l'histoire de la pensée écologique
MAX ROSSI
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L'encyclique Laudato si' publiée en 2015 a durablement marqué l'histoire de la pensée écologique
MAX ROSSI
« Le défi urgent de sauvegarder notre maison commune inclut la préoccupation d'unir toute la famille humaine dans la recherche d'un développement durable et intégral. » Ces quelques mots sont extraits de Laudato si', qui restera à n'en pas douter comme une pierre angulaire de l'héritage du pape François décédé ce 21 avril. Publiée en juin 2015 à quelques mois de la COP21 et de l'adoption de l'accord de Paris, c'est la première encyclique intégralement consacrée par un pape à la question écologique. Mais elle n'est pas le seul fait d'armes sur le sujet de François, dont Cécile Duflot salue la constance. « Il ne s'est pas contenté d'écrire ce texte, il l'a totalement endossé et fait vivre », souligne la directrice générale d'Oxfam. En 2020, il organisait un synode dédié à l'Amazonie, conclu par le texte Querida Amazonia, dans lequel il dénonce la nouvelle forme de « colonisation » exercée sur l'écosystème amazonien et les peuples autochtones, et les entreprises qui se rendent responsables d' « injustice et de crime ».
En 2023, Laudate Deum («Louez Dieu») un texte plus concis, accessible, pédagogique et alarmiste, notamment destiné aux participants de la COP28 sur le climat de Dubaï rappelait à nouveau l'urgence d'agir.
Mais Laudato si' (« Loué sois-tu »), sous-titré « Sur la sauvegarde de la maison commune », a véritablement constitué une rupture dans la façon d'appréhender la chose écologique.
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« J'ai été vraiment surprise par la qualité du texte et son engagement écologiste, se souvient Cécile Duflot. C'était un choc très positif, car il y a peu de leaders globaux, et le pape en est un. » Pour François Gemenne, chercheur belge spécialiste des questions de géopolitique de l'environnement à l'Université de Liège et professeur à HEC, « c'est un texte philosophiquement important. » Cécile Renouard, philosophe et professeure de philosophie, religieuse de l'Assomption et fondatrice du Campus de la transition dédié à la transition écologique, pense qu'on n'a pas fini d'en tirer profit. « A chaque lecture j'y découvre de nouvelles idées. » En mêlant théologie, analyse sociale et données scientifiques, François adopte une approche systémique liant défis environnementaux, sociaux, économiques et spirituels. Surtout, il réaffirme la primauté de la science, « ce qui n'est pas nécessairement évident pour les croyants, et peut-être encore plus important aujourd'hui qu'à l'époque », souligne François Gemenne. « Il nous invite à ré-interroger nos relations aux autres et au vivant, en adoptant une perspective plus humble », traduit Cécile Renouard. Ce faisant, il pose les bases de ce qu'on appelle aujourd'hui « une santé globale », ou One Health, concept établissant les liens inextricables entre santé de la planète, du vivant et de l'humanité. En attribuant aux activités humaines une responsabilité sur la santé de « notre maison commune », il propose une lecture différente de celle de la Bible, « dans laquelle l'homme est conçu à l'image de Dieu et doit soumettre la nature », rappelle Cécile Duflot.