Le pape vante l'impôt progressif et « le pacte fiscal» devant les industriels italiens
latribune.fr

Le pape se rendra au kazakhstan, souhaite une rencontre avec le patriarche orthodoxe russe
GUGLIELMO MANGIAPANE
latribune.fr

Le pape se rendra au kazakhstan, souhaite une rencontre avec le patriarche orthodoxe russe
GUGLIELMO MANGIAPANE
Le partage est une valeur chère au pape François. Il l'a d'ailleurs redit ce lundi 12 septembre, devant les patrons italiens membres de la Confindustria, la principale confédération patronale, qu'il a reçus au Vatican.
Le jésuite argentin a insisté sur la nécessité de partager la richesse avec ceux qui n'y ont pas accès. Une forme de partage « très importante dans le monde moderne et dans les démocraties est représentée par les taxes et les impôts », mais elle est « souvent incomprise », a-t-il déclaré devant quelque 5.000 entrepreneurs et leurs familles.
Le pape n'a néanmoins fait aucune allusion à la situation politique italienne en vue du scrutin et n'a nommé personne.
En Italie, en effet, la constitution affirme que « tous (les citoyens) sont tenus de participer aux dépenses publiques en fonction de leur capacité à contribuer » et que le système fiscal doit respecter « des critères de progressivité ».
Une position que ne partagent pas Matteo Salvini et Silvio Berlusconi, tous deux candidats aux élections législatives italiennes du 25 septembre prochain. Tous deux font taux unique ("flat tax") l'un de leurs principaux chevaux de bataille.
Matteo Salvini ne perd jamais une occasion de présenter le taux unique des impôts à 15% comme remède miracle pour réduire l'évasion fiscale et relancer l'économie de la péninsule, tandis que pour Silvio Berlusconi il serait plutôt à 23%. Pour rappel, l'évasion fiscale est estimée à environ 100 milliards d'euros par an en Italie.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Pour les opposants, au contraire, le taux unique est très inégalitaire et réduit les recettes fiscales de l'État.
L'Italie est actuellement en pleine période de campagne électorale. Des élections législatives pour renouveler le Sénat et la Chambre des députés auront en effet lieu le 25 septembre. Une situation nécessaire en raison de la dissolution du parlement en juillet par le président Sergio Mattarella, suite à la démission du Premier ministre Mario Draghi après la défection de trois partis importants de sa coalition.
C'est Giorgia Meloni, Romaine de 45 ans et présidente du parti Fratelli d'Italia (FDI), qui est donnée favorite pour devenir la première femme à diriger un gouvernement de l'Histoire italienne. Et ce malgré son passé au sein des sphères post-fascistes et ses déclarations polémiques. Elle caracole en tête dans les enquêtes de popularité et sa formation est créditée d'environ 24% des intentions de vote, devant le Parti démocrate (PD, centre-gauche).
Dans son discours précédant l'adresse du pape lundi, le patron de Confindustria, Carlo Bonomi, a appelé « les sociétés libérales d'Occident » à résister, « sous les coups portés par la pandémie, la crise en Ukraine et les effets liés à la hausse des prix de l'énergie », aux « sirènes nationalistes ».
Il a aussi évoqué des sujets chers au pape François, comme le déclin démographique d'une Italie vieillissante, le chômage des jeunes et la difficulté des femmes à conjuguer vie professionnelle et familiale.
Il a également appelé à « une révolution culturelle » pour « mieux intégrer les étrangers » et faciliter leur accès à « une pleine citoyenneté ». « Pas seulement pour éradiquer les préjugés et les haines sociales, mais aussi parce qu'une courbe démographique comme celle de l'Italie rend plus nécessaire encore un modèle efficace d'intégration », a souligné Carlo Bonomi.
À lire également
Il a dénoncé « la finance pour la finance » qui nie la « dignité originelle de chaque femme et de chaque homme » et dans laquelle « les lois de l'économie trahissent leur signification et leur valeur fondamentales ».
(Avec AFP)
latribune.fr