Immobilier : les prévisions des professionnels pour 2011

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Les prix grimperaient de plus de 10% à Paris et dans les grandes villes selon les notaires. Les autres experts de la profession sont moins optimistes. Aujourd'hui : l'institut d'études Xerfi.

Les Français auront-ils le nez creux ? En décembre, ils étaient 53 % à pronostiquer pour 2011 une nouvelle augmentation des prix de l'immobilier, selon un sondage Ifop / Fnaim. Les notaires de France, qui ont publié ce mercredi leur note de conjoncture, sont en tous cas de leur avis.

Peu enclins d'ordinaire à livrer leurs pronostics, ils ont cette fois avancé des chiffres précis pour 2011. « Nous ne nous sommes pas trompés depuis des années et nous disposons dorénavant d'une batterie d'indicateurs. C'est pourquoi les élus nous ont laissé annoncer nos prévisions », se réjouit Pierre Bazaille, président de l'Institut Notarial de l'Immobilier.

Résultat des pronostics 2011 : + 3 à 5 % en région, un peu moins de 10 % de hausse en petite et grande couronne parisienne, et plus de 10 % à Paris et dans les quartiers historiques des grandes métropoles comme Lyon, Nantes, Bordeaux, Montpellier... En termes de rythme, « 2011 sera l'inverse de 2010 résume Pierre Bazaille. Le marché sera dynamique sur le premier semestre 2011 et plus calme ensuite ». La raison ? La hausse des taux de crédits immobiliers, mais aussi l'attentisme des vendeurs à la veille de la présidentielle et de la réforme sur la fiscalité du patrimoine.

Au passage, les notaires égratignent la Fnaim, qui entrevoit un renchérissement de 3 à 6 % en 2011, selon le niveau des taux. « Il est erroné de pronostiquer une évolution moyenne car il n'y a plus d'homogénéité du marché », indique la note de conjoncture. Les deux organismes se rejoignent au moins sur un point : la baisse n'est pas envisageable.

Les plus optimistes reste malgré tout l'Observatoire Crédit Logement / CSA, qui entrevoit une hausse de 3 ou 4% au premier semestre puis +6 à +8% au second. Sauf si les nouvelles contraintes de Bâle III viennent freiner le crédit, auquel cas les prix "patineront" avec 3 ou 4% de hausse jusqu'à l'été 2012. L'Institut de l'épargne immobilière et foncière (IEIF) a, quant à lui, réalisé des simulations très précises selon les scenarii de croissance économique : +7.6% en cas de rechute, +9.7% en cas de croissance de 2%.

Chez les autres experts de la profession, habitués des études immobilières, on est plus circonspect. Laurent Vimont, président du réseau Century 21, rappelle par exemple que « les délais de vente s'allongent et les acheteurs ne sont plus prêts à payer ce qu'exigent les vendeurs ». Il table sur une hausse d'à peine 1 à 3 %, à condition que les taux du crédit restent sous les 4 %. Particulier à Particulier (PAP), va plus loin. Malgré une nouvelle hausse des prix en janvier (+ 0,19 % sur les appartements, + 0,87 % sur les maisons sur un mois d'après l'indice PAP paru ce mercredi), William Legrand reste mesuré pour 2011 : « on est à un niveau record et les taux de crédit continuent d'augmenter. On ne voit pas de raison rationnelle pour justifier un nouveau renchérissement des prix ».

Même prudence chez Era immobilier : « On est tellement dépendants de la hausse des taux de crédit que le jeu des pronostics est risqué. S'ils n'explosent pas, les prix pourraient continuer de grimper, mais plus raisonnablement qu'en 2010 », note Jérôme Bost, directeur de l'animation du réseau. Le site MeilleursAgents.com est le plus alarmiste, qualifiant la situation de « bulle spéculative ».

Les prévisions des professionnels :

Notaires de France

- Plus de 10% de hausse à Paris et dans le centre des grandes métropoles
- Moins de 10% en petite et grande couronne
- +3% à 5% en région

Fnaim

- Scénario pessimiste : +3%
- Scénario optimiste : +6%

Century 21 +1% à +3% selon le niveau des taux de crédit
Seloger.com - Entre +5% à +10% à Paris, petite et grande couronne et dans les centres des grand métropoles
- Jusqu'à -5% de baisse ailleurs
Observatoire Crédit Logement / CSA

- Entre +3% et +4% au 1er semestre puis accélération au 2ème (+6% à +8%).

- Variante : les contraintes de Bâle III freinent l'offre : +3% à +4% jusqu'à l'été 2012.

PAP

 

Stabilisation, voire baisse des prix.

 

IEIF*

+7.6% en cas de rechute de l'économie

+9.7% avec une croissance de 2% de l'économie

Xerfi

+3.4% en Ile-de-France (+0.8% en 2012)

+2.4% en Province (-0.1% en 2012)

 *Institut de l'épargne immobilière et foncière

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