Pays-Bas, un paradis fiscal qui ne dit pas son nom

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De nombreux groupes étrangers sont implantés aux Pays-Bas dans un seul but : l'évasion fiscale.

Malgré leur image lisse, les Pays-Bas sont le paradis fiscal le plus prisé au monde par les multinationales cotées à Londres, après l'État américain du Delaware, qui autorise les entreprises à garder le secret sur leurs finances. Selon une enquête menée par l'ONG britannique Action Aid, les 100 premières sociétés cotées à Londres ne comptent pas moins de 8.500 filiales domiciliées dans des paradis fiscaux, dont 1.330 aux Pays-Bas. Un manque à gagner substantiel pour les pays en voie de développement.

Les Pays-Bas en effet ne taxent pas les royalties ou les profits tirés de la propriété intellectuelle à l'étranger. Ainsi les Rolling Stones y ont pris une adresse locale dès 1972. Grâce à leur filiale Promogroup, les célèbres rockers ne paient que 1,5 % d'impôts sur leurs revenus. D'autres ont suivi, notamment le groupe irlandais U2, la maison de disques EMI ou le footballeur britannique David Bekham, sans oublier Coca-Cola, Nike ou Ikea, qui y font aussi passer les profits tirés de brevets ou de royalties. Des milliers d'autres sociétés disposent de boîtes aux lettres néerlandaises, mais font en réalité transiter des fonds vers de ?vrais paradis fiscaux?, dénonce Action Group, car La Haye ne se mêle pas de leurs finances.

13.000 sociétés d'investissements

Une autre étude publiée en septembre par le quotidien économique Het Financieele Dagblad confirme le phénomène. Elle montre que sur les 100 premières entreprises du monde, 80 disposent d'entités aux Pays-Bas pour des raisons fiscales. Seuls deux groupes chinois, Sinopec et China National Petroleum, parmi les 20 plus grands pétroliers du monde, n'ont pas de façade légale aux Pays-Bas.

Par ailleurs, les sociétés d'investissements étrangères seraient 13.000 au Pays-Bas, selon Het Financieele Dagblad, traitant des flux financiers 17 fois plus importants que le PNB du royaume batave. Le tout, pour un gain fiscal modeste : 1,5 milliard d'euros en 2007, selon le gouvernement. Un montant surestimé, juge Wiechter Munting, ex-haut fonctionnaire des impôts, spécialiste de la fiscalité des multinationales. En mai 2009, Barack Obama avait cité les Pays-Bas parmi les paradis fiscaux connus mais après une intense activité diplomatique, il avait retiré La Haye de sa liste.

 

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