LA TRIBUNE - En tant que startup du secteur automobile aux ambitions industrielles, comment recevez-vous les discours sur la réindustrialisation ?
Benoît TROUVE - Je les reçois très bien mais je pense que c'est encore de la politique. Le plan France 2030 nous aide pour certaines parties mais il manque une vraie organisation territoriale avec une planification à long terme. On est dans un moment où il faut faire des vrais choix qui ne dépendent pas que l'argent mais de comment on s'organise ensemble. Il y a des filières complètes à structurer et ce n'est pas un tas d'argent à un moment donné qui va changer la donne, la France s'est tellement désindustrialisée. Il n'y a pas que les gigactories qui comptent dans la vie !
On est historiquement une nation d'automobile, c'est un trait qu'il faut essayer de garder mais cela nécessite des infrastructures extrêmement coûteuses, lourdes, polluantes. On n'a plutôt pas envie depuis vingt ans d'avoir ça chez nous et on s'est rendus dépendants. Une réindustrialisation c'est une vision de long terme qui organise les interfaces de tout ce dont on a besoin pour produire ce que l'on veut à la fin. Est-ce qu'il faut pour autant produire des énormes volumes ? C'est un projet de société, je ne suis pas sûr qu'on ait tous besoin d'une voiture électrique de deux tonnes. On peut faire plus petit, plus local, moins cher et moins polluant.