« Nous observons une chute de l'activité sur les marchés fonciers ruraux après les hausses enregistrées en post-Covid. La tendance régionale est parfaitement alignée avec la dynamique nationale », cadre Fabien Joffre, le président de la Safer (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural) de Nouvelle-Aquitaine. Selon le bilan annuel présenté ce 20 juin, seulement 55.000 transactions ont été effectuées l'an dernier, soit un repli de -12 % sur un an, tandis que les surfaces échangées sont tombées à 131.000 hectares (-8 %) et que la valeur totale a chuté de -21 % pour atteindre 5,4 milliards d'euros contre 7,3 milliards lors du pic de 2021.
« Cette tendance à la baisse se poursuit au premier trimestre 2024 mais il faut relativiser en rappelant que l'on retrouve globalement le niveau d'activité d'avant la crise sanitaire », précise le président. Sur la plupart des segments - vignes, maisons, agriculture et urbanisation - l'euphorie de 2020 et 2021 a en effet laissé la place à la dépression. Seule la forêt tire son épingle du jeu.
Malgré une bonne dynamique dans le nord de la région, le marché exclusivement agricole retombe à son niveau de 2020 avec trois indicateurs à la baisse : nombre de transactions (-7 %), surfaces échangées (-7 %) et valeur totale (-12 %). Du côté du foncier viticole, l'activité est logiquement plombée par la mauvaise santé du vignoble bordelais ayant mené à un premier plan d'arrachage de 8.000 hectares mais aussi par le retournement de l'activité du cognac qui fait face à une baisse d'un quart de ses exportations et se pose des questions de surproduction. Cependant, malgré des transactions (-19 % à 1.200 ventes) et des surfaces (-21 % à 3.600 ha) en forte baisse, la valeur totale des biens échangés a bondi de +27 % l'an dernier !