Danse : l'hypnotique spectacle du chorégraphe Sadeck Berrabah
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« Murmuration », premier spectacle de Sadeck Berrabah
NATHALIE COUTURIER
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« Murmuration », premier spectacle de Sadeck Berrabah
NATHALIE COUTURIER
Les 46 danseurs qui font l'événement cet hiver au théâtre du 13e Art, à Paris, n'ont qu'un seul visage : celui de Sadeck Berrabah. Autodidacte de la danse, ce trentenaire issu du hip-hop gagnait sa vie, il n'y a pas si longtemps, comme artisan maçon à Montpellier. Rattrapé par sa passion pour la danse qui lui a valu d'être sollicité par des stars et des marques (Shakira, Black Eyed Peas... Louboutin ou Mercedes), le chorégraphe passe à la vitesse supérieure en 2021, quand l'organisation des Jeux olympiques lui commande un clip promotionnel avec 126 danseurs pour former, en deux minutes trente chrono, le mot Paris et la date 2024 avec leurs bras. Depuis, c'est fort de millions de vues sur son compte Instagram que Sadeck Berrabah avance. Et son premier spectacle, créé au printemps, joue déjà les prolongations.
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Intitulé d'après un anglicisme désignant un rassemblement de centaines d'oiseaux, Murmuration décline, tout simplement, ce concept qui a fait connaître son style : ses danseurs, alignés en nombre, tous vêtus de noir, enchaînent des figures géométriques avec leurs bras nus en pleine lumière. Parfaitement synchronisé, leur ballet atypique distille un charme hypnotique sinon algébrique. Il n'empêche, à le découvrir pas si abstrait, on hésite entre la joie de voir ce collectif si soudé et... la peur de reconnaître un régiment mécanique, obsessionnel, froid, ordonné au fil d'angles nets gommant toute individualité. Une armée chinoise ? Conscient de cette ambivalence, Sadeck Berrabah a le bon goût de ponctuer son show de ralentis et de brefs solos nourris de danses en vogue, popping et hip-hop. Le tout s'achève par un moment d'interactivité ludique. Ravi, le public applaudit... à tour de bras !
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