Lorsque nous arrivons mercredi à l'hôtel Corinthia, un palace londonien à deux pas de Trafalgar Square, la consigne imposée aux journalistes du monde entier pour l'approcher est intraitable : quinze minutes montre en main ; ni questions personnelles ni détails sur sa transformation physique pour le film. Aucun enregistrement avec smartphone. L'acteur s'étant montré capable, par le passé, de quitter des interviews pour une toute petite question qui ne lui plaisait pas, on se tient à carreau, on joue le jeu.
Tant pis pour nos questions sur Trump, le véganisme (auquel il s'est converti), la fin du monde, et le réalisateur Todd Haynes, dont il vient de planter le prochain tournage sans aucune explication ! Tant mieux pour la consolidation de la légende et de l'énigme Phoenix qui nous apparaît en jogging, sa tignasse poivre et sel en bataille, affable mais sur ses gardes lui aussi. Encadré par une kyrielle de représentants de la Warner qui surveillent la rencontre, il se concentre sur ses réponses, qu'il ponctue des tics ordinaires du parler américain (« just », « like »), les développant sans cesser de frotter nerveusement ses lèvres ou ses lunettes...