Trump met l'immigration au cœur de la campagne à grand renfort de mots chocs
latribune.fr
Donald Trump a par ailleurs annoncé qu'il se rendrait « dans les deux prochaines semaines » à Springfield, ville du Midwest secouée par des rumeurs racistes et complotistes contre des Haïtiens (photo d'archive).
Donald Trump s'en est, une nouvelle fois, pris aux immigrés aux États-Unis mercredi lors d'un meeting. De son côté, sa rivale démocrate Kamala Harris a continué de vouloir séduire des électeurs issus de minorités, notamment en captant le vote latino-américain.
Thème central de la campagne acrimonieuse et violente de Donald Trump pour les élections présidentielles américaines du 5 novembre prochain, l'immigration a occupé une grande partie du discours dur et décousu du candidat républicain mercredi, où il a tenu un meeting près de New York. Il a traité les millions d'immigrés et de clandestins d' « animaux », de « terroristes » et de « criminels ».
« Ils viennent d'Afrique, du Moyen-Orient, du monde entier, d'Asie (...). On est tout simplement en train de détruire notre tissu social », a tonné l'ex-président conservateur de 78 ans qui a promis de« se débarrasser de ces gens »s'il est réélu.
Donald Trump a par ailleurs annoncé qu'il se rendrait « dans les deux prochaines semaines » à Springfield. Cette ville du Midwest a été secouée par des rumeurs racistes et complotistes contre des Haïtiens accusés d'être des « voleurs » et des « mangeurs » de chats, chiens, voire d'oies. Allégations qu'il avait lui-même relayées et amplifiées lors du premier débat avec Kamala Harris la semaine dernière, parmi de nombreuses autres fausses informations.
« Springfield, dans l'Ohio, cette jolie petit ville, sans criminalité, sans problème. 32.000 immigrés illégaux sont arrivés dans la ville, presque la taille de la population, en quelques semaines (...). Je vais aller à Springfield »,a-t-il indiqué ce mercredi. Et a fait rire ses milliers de partisans quand il a ajouté :« On ne me reverra peut-être plus jamais, mais c'est OK ».
Springfield et ses 60.000 habitants, très majoritairement blancs, ont effectivement vu la ville grossir ces dernières années. Fuyant la terrible crise dans leur pays, environ 15.000 Haïtiens s'y sont installés, attirés par la reprise économique encouragée par la municipalité et l'État de l'Ohio, aux mains des républicains.
Donald Trump a la fâcheuse habitude de distiller les phrases chocs - pour ne pas dire les fake news - dans ses prises de parole. Ce qui n'est pas sans conséquence. À Springfield, 33 alertes à la bombe et fermetures temporaires d'écoles ont été enregistrées ces dix derniers jours à la suite du débat entre les deux candidats, ce qu'a dénoncé le gouverneur républicain Mike DeWine, qui a d'ailleurs pris ses distances avec Donald Trump et son colistier J.D. Vance.
Kamala Harris a, elle aussi, condamné mardi le rôle de l'ex-président dans la propagation de ces fausses informations. « C'est un véritable scandale », a-t-elle déclaré à propos des turbulences qui secouent depuis la localité.
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« On ne peut pas se voir confier la responsabilité d'être président des États-Unis quand on participe à ce genre de discours haineux », a taclé la candidate démocrate.
La vice-présidente des États-Unis a, au contraire, consacré son mercredi à attirer les millions d'Américains d'origine latino-américaine. Invitée à Washington par une organisation pro-hispanique, elle a mis en garde contre les « expulsions massives » d'immigrés et les « camps de détention » promis par son adversaire s'il retourne à la Maison Blanche le 20 janvier.
Reste que c'est l'économie qui est considérée comme le principal sujet par les électeurs américains, selon une enquête réalisée début septembre par Siena pour le New York Times. Et le fait que la Réserve fédérale américaine (Fed) ait annoncé mercredi baisser son principal taux directeur de 0,5 point, une première depuis le printemps 2020 alors que l'inflation ralentit progressivement dans la première économie mondiale, a donné matière aux deux candidats pour tenter de grappiller des voix.
Kamala Harris a salué une « bonne nouvelle pour les Américains » et le président actuel Joe Biden a parlé d'un « moment important ». Mais pour Donald Trump, cette coupe drastique des taux montre soit « que l'économie est très mal en point », soit que les responsables de la Fed « jouent le jeu des politiques ». Des allégations immédiatement balayées par le président de l'institution, Jerome Powell. Ce dernier a assuré lors de sa conférence de presse que les considérations politiques n'entraient pas en compte dans ses décisions.
« Nous nous demandons : quelle est la bonne chose à faire pour les personnes que nous servons ? Et c'est ce que nous faisons (...). Rien d'autre n'est discuté ».
Avec cette baisse, les taux de la Fed se situent désormais dans une fourchette de 4,75 à 5,00%. Ce qui devrait redonner du pouvoir d'achat aux ménages américains, coincés entre forte inflation et coût élevé du crédit.
À sept semaines de la présidentielle, Kamala Harris a pris une légère avance dans les trois États dits « pivots » du pays (Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin), selon un sondage de Quinnipiac University publié mercredi. Ces derniers sont considérés comme cruciaux dans la course à la Maison Blanche car ils apportent à son vainqueur davantage de grands électeurs que chacun des six autres États les plus disputés. Et le candidat qui y serait défait perd pratiquement toute chance d'être élu au plan national. Pour rappel, Donald Trump les avait remportés de justesse en 2016 tout comme Joe Biden en 2020.
Ainsi, la candidate démocrate affiche six points de plus que son rival républicain en Pennsylvanie (51% des intentions de vote contre 45%). L'écart est un peu moindre dans le Michigan (50% contre 45%) et encore plus serré dans le Wisconsin (48% contre 47%).
Pour réaliser son étude d'opinion, l'institut Quinnipiac University a interrogé, entre le 12 et le 16 septembre, 1.331 votants en Pennsylvanie, 905 dans le Michigan et 1.075 dans le Wisconsin, avec des marges d'erreur allant de 2,7 à 3,3 points de pourcentage.