ENTRETIEN – À 63 ans, Samy Naceri dit être un homme tout neuf. L’acteur de « Taxi » est au casting de « Mémoires à vif », diffusé samedi par France 3 à l’occasion de l’hommage national aux harkis.Luc Besson l'a propulsé au sommet en lui offrant en 1998 le rôle de chauffeur-chauffard dans Taxi. Comme une allégorie de l'existence de ce Franco-Algérien qui, malgré son envie de piloter sa vie sans franchir la ligne blanche, est condamné par cette rage qui le ronge et qui le fauche jusqu'à lui faire enchaîner les séjours en prison. Aujourd'hui, Samy Naceri assure être « homme tout neuf ». Un repenti de ces trente-cinq ans de conneries, mais surtout de gâchis pour cet acteur qui, en 2006, a reçu le prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes pour le film Indigènes. À 63 ans, il fourmille de projets, notamment avec l'écriture d'un biopic sur sa vie « pour rétablir certaines vérités ». Après une heure en tête à tête et yeux dans les yeux, on a vraiment envie d'y croire, à cette résurrection.
Samy, rassurez-nous... Le passé est derrière vous ?
Soyez rassurée, vous avez en face de vous un tout autre Samy. Je n'ai pas touché une goutte d'alcool depuis dix ans et je m'entoure exclusivement de personnes qui me veulent du bien. Et si je vois des potes ivres morts ou faire des allers-retours aux toilettes, je me casse direct.
Je suis une vraie star en Russie et dans les pays de l'Est.
Quel a été le déclic pour cesser les conneries ?
J'ai fini par en avoir ras le bol d'être traité comme un pestiféré, de voir toutes les portes se fermer devant moi. Un matin, je me suis levé et j'ai eu le courage de dire stop. Je voulais remettre les choses en place et me prendre en main, devenir propre dans ma tête et dans mon corps. Quand on te pointe du doigt toute la journée, que tu es rejeté de partout, que ton téléphone ne sonne plus, il faut être sacrément solide pour ne pas sombrer de nouveau. Si j'ai pu être aussi violent à une époque, c'est parce que j'ai ressenti beaucoup de violence, de rejet, et ça m'a poussé à le devenir. J'avais beau essayer de prouver que j'avais changé, on me parlait systématiquement de mes condamnations ou de mes dérapages. Et puis en 2016, quand tout le monde me fermait les portes, un pote m'a proposé de le rejoindre en Russie... J'y ai fait des allers-retours pendant deux ans et demi.