Oubliée, l'atmosphère de parc d'attractions qui donnait au visiteur la fâcheuse impression d'être un pigeon facile à plumer. Quelque chose a changé sur le Mont-Saint-Michel, et pas seulement parce que le « rocher » a renoué avec son caractère maritime.
Peu de touristes le savent, mais la mue est d'abord statutaire. À l'instar du château de Chambord, le site est devenu en 2021 un établissement public national placé sous la double tutelle des ministères de la Culture et de la Transition écologique, ce qui en soi dit quelque chose. Aux commandes, un trentenaire à la tête bien faite, décidé à faire monter en gamme les prestations et la qualité de l'accueil. « Sans "prémiumiser", pour ne pas nier le caractère populaire », précise-t-il. Pari presque gagné.
En trois ans, Thomas Velter a estompé pas mal des irritants qui valaient à la « Merveille » des commentaires peu amènes sur les réseaux. La différence se voit dès l'entrée du parking. Le touriste est aiguillé par des conseillers affables jusqu'au départ des navettes qui acheminent le public jusqu'aux contreforts du mont. Celles-ci promettent un temps d'attente inférieur à onze minutes là où, hier, il fallait parfois patienter une bonne demi-heure. La première impression est bonne. La deuxième également.