Nicolas Bedos, itinéraire d’un enfant trop gâté
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Nicolas Bedos lors d’une conférence de presse pour le film « Mascarade », en 2022.
LTD / PIROSCHKA VAN DE WOUW/Reuters
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Nicolas Bedos lors d’une conférence de presse pour le film « Mascarade », en 2022.
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Que s'est-il passé sur cette piste de danse, le soir du 1er juin 2023 ? « Trois fois rien, une caresse sur les fesses, une main baladeuse, ridicule ! » Dans l'entourage du mis en cause, on minimise et on s'insurge : ce procès contre « Nicolas », c'est la faute de MeToo, des féministes, des médias, de l'époque... Du côté de la plaignante, on désigne « les puissants », « le système », « l'impunité », et l'on présente une tout autre lecture des faits.
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La scène se déroule au cœur de Paris, non loin de la place des Victoires. La boîte de nuit s'appelle Sauvages et la faune y est plutôt mondaine. Lumières tamisées, banquettes en velours, gin tonic à 14 euros... À la porte, le videur ne laisse pas entrer n'importe qui ; le minuscule établissement tient à sa réputation d'adresse branchée. Louise*, 26 ans, s'y rend ce soir-là avec son frère et des amis. Elle soutient avoir aperçu un homme se diriger soudainement vers elle, la main en avant, pliée, à l'en croire, comme s'il voulait la saisir au niveau du sexe. Louise l'a répété plusieurs fois : elle a senti « un frottement » sur son entrejambe, à travers son pantalon. Elle repousse l'individu et le reconnaît. « Tu vas me frapper ? » lui a crié Nicolas Bedos, ivre. Un agent de sécurité posté non loin se souvient d'avoir vu une femme dire à un homme de ne pas s'approcher. Elle pleurait, selon celui qui décide alors d'expulser Nicolas Bedos. Le réalisateur de 45 ans est un habitué des lieux. Deux fois auparavant il a été congédié de Sauvages pour des comportements inappropriés. « Les clientes s'en plaignaient, il mettait des mains aux fesses », relate un proche. Un autre témoin assure que ce 1er juin il y a eu un « choc provoqué par M. Bedos ». Louise porte plainte dix jours plus tard.