Notre première sélection de la rentrée littéraire
Juliette Einhorn, Olivier Mony, Alexis Brocas et Arnaud Cathrine
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Portrait de Claudie Hunzinger.
© LTD / Jean-Francois Paga/opale.photo
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Portrait de Claudie Hunzinger.
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Parler de musique du point de vue d'une bête. Voici l'invitation de choix que le lecteur reçoit en ouvrant Il neige sur le pianiste. Plasticienne et romancière, Claudie Hunzinger est une défricheuse qui fait dialoguer les règnes du vivant dans la langue frémissante des herbes, des cerfs ou des oiseaux. Après Un chien à ma table (prix Femina 2022), elle étend encore, ici, le cercle magique de son écriture déterritorialisée : humains, animaux, éléments naturels et abstraits y entrent en une consonance sacrée.
Tout commence par un cadeau par procuration : Ysé, une amie de la narratrice, offre à un grand pianiste un roman écrit par cette dernière. L'approfondissement du lien n'est-il possible que par son décentrement ? Pour s'adresser à celui qu'elle admire, Ysé utilise au carré les mots de son amie, le roman dans le roman devenant don, lettre. Et voici que le pianiste rend visite à la narratrice dans sa maison de montagne, en bordure de forêt.
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Si la relation qui s'invente alors est triangulaire, ce n'est pas celle que l'on imagine. Car Ysé, exclue de son propre scénario, laisse la place à une créature aussi délicieuse qu'insolente : un renard chapardeur. L'héroïne, qui se pensait au soir de sa vie, vibre pour son « petit fiancé » roux, dont le mystère empreint de silence et de conversations indirectes est aussi ce qui la lie à ce pianiste apatride n'habitant nulle part, si ce n'est dans ses morceaux. Est-ce lui, dès lors, ou la musique elle-même qu'elle décide de séquestrer ?
Juliette Einhorn, Olivier Mony, Alexis Brocas et Arnaud Cathrine