« Je vous préviens, ça bouge beaucoup, ça secoue même ! J'espère que ça vous plaira... » Mercredi soir, Olivier Marchal annonce la couleur aux spectateurs massés dans une salle de l'Artplexe Canebière, un cinéma au look moderne situé à quelques centaines de mètres du Vieux-Port. Un avertissement de circonstance. Car sa nouvelle série tranche avec l'atmosphère festive - option paillettes, cocktail et tapis rouge - qui règne à cette avant-première marseillaise. Au menu : des criminels aux gueules patibulaires, de gros calibres, de la dope en veux-tu en voilà, des scènes d'action avec beaucoup (trop ?) d'hémoglobine. Et bien évidemment un scénario mijoté à la célèbre sauce Marchal, résumé par Nicolas Duvauchelle, tête d'affiche de Pax Massilia : « On suit les aventures d'une équipe de flics qu'on surnomme "les cramés". Ils ont des méthodes peu orthodoxes pour faire régner la paix à Marseille. Leur quotidien est bouleversé par le retour de Franck Murillo, un voyou [interprété par le comédien de 43 ans] que tout le monde croyait mort et qui tente de s'emparer du territoire d'Ali Saïdi, un autre caïd. »
Le décor est planté. Deux heures plus tard, à la sortie de la projection des deux premiers épisodes, tous les spectateurs interrogés valident le nouveau Olivier Marchal. Nous aussi. À une réserve près : Pax Massilia donne à voir une image fort peu reluisante de la ville, gangrenée par l'hyperviolence, les fusillades et les règlements de comptes. « J'ai bien conscience que certains vont râler, mais c'est inhérent au polar, se défend le réalisateur. Mes spectateurs veulent de l'adrénaline, ils viennent pour ça. Braquo et 36 quai des Orfèvres se déroulaient à Paris et étaient tout aussi violents. » Et Olivier Marchal de se lancer dans une vibrante déclaration d'amour à Marseille, qu'il avait déjà filmé dans MR 73 (2008) et Bronx (2020). « J'ai une passion pour cette ville, où je vais emménager d'ici quelques jours. Je l'ai découverte à 23 ans lorsque je travaillais pour la brigade antiterroriste. On avait passé une semaine à "planquer" un mec d'Action directe dans les bars et sur les plages. J'ai tout de suite aimé la simplicité et le naturel de ses habitants ainsi que son ambiance complètement folle. »