En pleine promo à l'hôtel Brach pour le film Elyas, il enchaîne les interviews sans jamais manifester le moindre signe d'agacement - ce qui mérite d'être souligné, car tous les acteurs ou actrices ne dégagent pas systématiquement un tel enthousiasme. Il porte en lui cette bienveillance naturelle, car il n'a jamais oublié d'où il vient. Fils d'immigrés marocains, placé dans une famille d'accueil à 18 mois pour échapper aux bidonvilles de Nanterre, Roschdy Zem ne ressemble à personne. S'il a longtemps joué la carte de la virilité pour refouler ses blessures d'enfance, l'acteur césarisé a troqué le costume du mâle alpha pour celui d'un homme sensible, à la larme facile. Mais sans perdre pour autant son arme fatale de gentleman au grand cœur.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Vous campez un ancien soldat des forces spéciales traumatisé par son passé. Quelle est votre vision de l'armée ?
ROSCHDY ZEM - J'ai été naturalisé français à l'âge de 18 ans, donc j'ai échappé au service militaire. En revanche, comme j'ai quitté l'école à 16 ans et que je refusais d'être un poids pour ma famille, j'avais rempli un dossier pour m'engager sur une base aérienne à Nîmes. Et puis un camarade m'a proposé de travailler avec lui aux puces de Saint-Ouen et ma vie a pris un tout autre tournant.