À 53 ans, Gad Elmaleh, devenu grand-père il y a un an, commence une nouvelle vie, quasi monacale. Il ne boit plus d'alcool, prie chaque matin et suit des stages de développement personnel. « Chouchou », son personnage burlesque de travesti, semble loin. Quand nous le rencontrons, au palais des congrès de Saint-Brieuc, il arpente les routes de France depuis plusieurs mois déjà pour présenter Lui-même, son neuvième seul-en-scène. En coulisse, il semble détendu et pose en habitué pour notre photographe. À 19 h 30, la salle est comble. Couples de retraités, lycéens et étudiants, familles avec enfants : les fidèles de « frère Elmaleh » viennent de tous les bords. Ils rient, du premier sketch au dernier. Et nous aussi. L'humoriste ne laisse aucun moment de répit, tout est drôle et tout y passe : l'argent, la notoriété, les élections, l'amour, ses addictions, l'Amérique, Monaco et même Johnny Hallyday. Les accusations de plagiat survenues en 2019 l'ont meurtri, il sait désormais s'en amuser. Les bouleversements du mouvement MeToo le questionnent, et là aussi il ose la blague.