Non, les business angels ne sont pas qu'âgés
Gilles Assollant
Gilles Assollant
Quand un créateur d'entreprise monte son entreprise, il doit résoudre le problème de son financement. Il s'adresse à ses proches et réalise un premier tour de table avec de la "love money" : il emprunte peu d'argent (quelques dizaines de milliers d'euros) auprès de parents et d'amis qui ne lui imposeront pas de contraintes en matière de rendement et de remboursement.
Au bout de six mois à un an, si son entreprise remporte quelque succès, il doit lever beaucoup plus (quelques centaines de milliers d'euros). C'est alors qu'il rentre dans la zone "grise" du financement : les banques ne sont pas encore disposées à l'aider, cependant ses premiers succès vont attirer l'attention de particuliers et de fonds privés prêts à participer à l'aventure.
C'est à ce moment qu'entrent en scène les fameux business angels qui sont de simples particuliers prêts à investir dans des projets innovants pour aider et accompagner les créateurs de startups. Ce métier, très rémunérateur dans une Amérique en plein boom technologique, s'adressant directement à un marché de presque 300 millions de personnes, a suscité des vocations en Europe.
Sous l'impulsion de mesures fiscales, du type de la loi Tepa de 2007 beaucoup de particuliers se sont pris au jeu et on ainsi financé de nombreuses entreprises innovantes (plus de 2 000 en portefeuille chez les adhérents de France Angels). En parallèle, on a assisté à la création de nombreux fonds et de "family offices" qui ont pris des participations minoritaires et ont aidé de jeunes sociétés à démarrer.
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Le métier de business angels est passé d'un phénomène de société, à une activité professionnelle maintenant bien structurée. Après l'enthousiasme des pionniers, la crise est arrivée avec son lot de désenchantements, ce qui a contraint les business angels à organiser et professionnaliser leur métier.
Les business angels se sont regroupés au sein de clubs, comme celui de Lyon Métropole Angels qui regroupe les quelques 300 business angels de la Métropole, où ils partagent un "deal flow", qui gère le flux de projets entrants, les méthodes et les processus d'instruction, ainsi que leur capacité financière d'investissement.
Sur Lyon Métropole Angels, nous recevons autour de 500 dossiers par an, nous en instruisons environ une centaine pour 30 financés, ce qui représente entre trois et quatre millions d'euros d'investissement direct pour des tours de table complet de dix millions d'euros et une centaine d'emplois créés par an.
Ceux qui nous rejoignent maintenant n'ont plus tout à fait le même profil que les investisseurs des premiers temps. Plus jeunes (de 45 à 60 ans), ils ont eux-mêmes créé leurs entreprises et sont toujours aux responsabilités. Ils cherchent à prolonger leur expérience entrepreneuriale en poursuivant leurs investissements et en accompagnant de façon opérationnelle les créateurs d'entreprise.
Cette intervention directe de particulier dans la chaîne du financement permet de raccourcir les circuits de décision tout en soutenant l'activité économique au plus proche, avec un fort impact local en termes de création d'emplois.
Ce mouvement présente plusieurs avantages pour la collectivité, tout d'abord un indéniable rôle pédagogique : dans les clubs, on s'initie avec les pratiques, le langage et les réseaux du financement, ce qui ouvre en grand les portes de la création et de la reprise d'entreprise.
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On assiste à la présentation de nombreux projets et on décide de ceux que l'on souhaite aider. Enfin les réunions plénières sont l'occasion de rencontrer tous ceux qui partagent la passion de l'entreprise et de l'innovation de façon directe, simple et conviviale.
Sous l'influence des jeunes geeks et autres startuppers, le métier de business angels a pris un sacré coup de jeune !
Gilles Assollant
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