L’emprisonnement est rarement la meilleure solution
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69 340 détenus pour 58 664 places, voilà un triste record de battu. A Villepinte, où la prison est remplie à plus de 200 %, la directrice a carrément dit stop. Sa prison n'accueillera pas un détenu de plus. De fait, les conséquences de la surpopulation carcérale sont désastreuses : elle empêche tout travail sur la prévention de la récidive, rend difficiles les conditions de travail des personnels pénitentiaires et condamne l'Etat français à se rendre coupable de traitements dégradants. Malgré le coût exorbitant de la prison (100 euros par jour et par personne détenue), 61 % des personnes qui en sortent sont recondamnées dans les 5 ans.
Voilà des décennies que la rhétorique est la même : "s'il n'y a pas assez de places en prison, il faut en construire de nouvelles". Le problème, c'est que plus il y a de places, plus on emprisonne. Depuis 1990, la population carcérale a augmenté de plus de 50 %, et ce, sans aucune corrélation avec la criminalité et la délinquance, restées stables (Selon l'Observatoire scientifique du crime et de la justice, les homicides, les vols et les cambriolages ont même diminué).
Malgré ça, le gouvernement actuel porte la création de 16 000 places de prison supplémentaires, et les candidats à la présidentielle ne cessent de faire monter les enchères. Tout cela sans évoquer la nécessité de doter de moyens les Services Pénitentiaires d'Insertion et de Probation (SPIP), qui œuvrent pour prévenir les risques de récidive.
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La prison n'est pas la seule solution et rarement la meilleure. En effet, nous avons bien d'autres façons de sanctionner : travail d'intérêt général, placement à l'extérieur, contrainte pénale. Ces sanctions sont bien moins coûteuses et présentent de meilleurs résultats sur la récidive. C'est également la toute première recommandation du livre blanc sur l'immobilier pénitentiaire, remis la semaine dernière au Garde des Sceaux.
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