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OpinionsACT 50

Le financement de la transition écologique au cœur des discussions de la COP28

reuters.com

Publié le 04 décembre 2023 à 10:28 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 18:00

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par Simon Jessop, Hadeel Al Sayegh et Yousef Saba

DUBAI (Reuters) - Après les promesses des dirigeants internationaux, les délégués présents à Dubaï pour la 28e conférence mondiale sur le climat (COP28) ont commencé à se pencher sur les négociations techniques afin de trouver des mesures pérennes pour lutter contre le réchauffement climatique.

Si les Émirats arabes unis (EAU), qui accueillent la conférence cette année, ont promis 270 milliards de dollars de financement d'ici à 2030, les dirigeants de l'Arabie saoudite, première économie de la région et premier producteur mondial de pétrole, sont absents depuis le début du sommet.

Alors que les tensions sont vives en raison des visions divergentes sur l'avenir des combustibles fossiles, le président de la COP28, Ahmed al-Jaber, a rejeté les affirmations du Guardian selon lesquelles il aurait remis en question des données scientifiques qui sous-tendent la nécessité d'"éliminer progressivement" les combustibles fossiles.

Ahmed al-Jaber a également fait l'objet de critiques en raison de son rôle de président-directeur général d'Adnoc, la compagnie pétrolière publique des Émirats arabes unis.

"Je suis assez surpris par les tentatives constantes et répétées de saper le travail de la présidence de la COP28", a déclaré le dirigeant lors d'une conférence de presse. "Nous croyons beaucoup en la science et nous la respectons."

Les pays en développement ont besoin de centaines de milliards de dollars chaque année pour s'adapter au réchauffement climatique et demandent davantage de moyens pour passer aux énergies renouvelables.

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Un rapport publié lundi estime que les marchés émergents et les pays en développement auront besoin de 2.400 milliards de dollars d'investissements par an pour plafonner les émissions et s'adapter aux défis posés par le changement climatique.

"Le monde n'est pas sur la bonne voie pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris. La raison de cet échec est un manque d'investissement, en particulier dans les marchés émergents et les pays en développement en dehors de la Chine", a déclaré le coauteur Nicholas Stern, président de l'Institut de recherche Grantham sur le changement climatique et l'environnement.

Lors d'une conférence de presse, Mia Mottley, Première ministre de la Barbade, a exhorté les pays à aller au-delà des engagements volontaires, des appels aux organisations caritatives et aux investisseurs privés et à envisager plutôt des taxes comme moyen de stimuler le financement de la lutte contre le changement climatique.

Une taxe mondiale de 0,1% sur les services financiers, par exemple, pourrait rapporter 420 milliards de dollars, a-t-elle dit, tandis qu'une taxe de 5% sur les bénéfices liés au pétrole et au gaz en 2022 aurait rapporté environ 200 milliards de dollars.

VASTES BESOINS

D'autres délégués, dont le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, ont appelé à la fin des subventions aux combustibles fossiles, qui atteignent le chiffre record de 7.000 milliards de dollars par an.

Des militants du Mouvement des peuples asiatiques sur la dette et le développement (APMDD) disent craindre que les sommes promises ne soient pas suffisantes.

"Le financement de la lutte contre le changement climatique promis lors de la COP28 n'est tout simplement pas suffisant", a déclaré l'activiste pakistanais Zaigham Abbas, dont le pays a été dévasté l'année dernière par des inondations généralisées.

"Nous ne cherchons pas la charité ici (...) L'ampleur de la catastrophe à laquelle nous assistons est sans précédent."

L'engagement le plus important pris jusqu'à présent dans le cadre de la COP28 a été annoncé vendredi par les Émirats arabes unis, pays hôte de la conférence, qui ont promis de consacrer 30 milliards de dollars à des projets liés au climat, dont 5 milliards seront réservés aux pays pauvres.

Par ailleurs, la France et le Japon ont déclaré qu'ils soutiendraient une initiative de la Banque africaine de développement visant à utiliser les droits de tirage spéciaux du FMI pour le climat et le développement.

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement, quant à elle, a déclaré qu'elle inclurait des "clauses de dette résistante au climat" dans les nouveaux contrats de prêt conclus avec certains pays en voie de développement.

Les participants à la COP28 ont également promis 720 millions de dollars pour le nouveau fonds "pertes et dommages" destiné à aider les pays vulnérables face aux conséquences du changement climatique.

Les Etats-Unis se sont engagés samedi à hauteur de trois milliards de dollars en faveur du Fonds vert pour le climat, le fonds international dédié à l'action climatique qui compte plus de 20 milliards de dollars de promesses de don.

La société d'investissement danoise Copenhagen Infrastructure Partners a annoncé lundi son intention de lever 3 milliards de dollars pour financer des projets liés aux énergies renouvelables dans les marchés émergents.

La présence des entreprises à la COP28 n'a jamais été aussi importante, ce qui laisse espérer une augmentation des investissements privés en faveur de la lutte contre le changement climatique.

L'émirat d'Abou Dhabi s'est associé à des partenaires du secteur privé, dont Blackrock et HSBC, pour lancer un centre de recherche et de conseil sur le climat afin d'accroître les possibilités de financement dans la région.

"L'ampleur de la crise climatique exige de tous les secteurs d'activité des solutions urgentes qui changent la donne", a déclaré Ahmed Al-Jaber, président de la COP28. "Le financement joue un rôle essentiel pour transformer nos ambitions en actions."

VOIR AUSSI : ENCADRE-Quels sont les enjeux de la COP28 à Dubaï ?

(Reportage Simon Jessop, Yousef Saba, Maha El Dahan et Hadeel Al Sayegh, avec la contribution d'Alexander Cornwall, Elizabeth Piper et David Stanway ; version française Kate Entringer, édité par Blandine Hénault)

reuters.com

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