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OpinionsACT 50

Assaut israélien dans le sud de Gaza, les hôpitaux submergés de victimes

reuters.com

Publié le 05 décembre 2023 à 12:26 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 18:00

Une femme palestinienne blessee est emmenee a l'hopital nasser apres des frappes israeliennes sur une ecole a l'est de khan younes, dans le sud de la bande de gaza

Une femme palestinienne blessée est emmenée à l'hôpital Nasser après des frappes israéliennes sur une école à l'est de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza

IBRAHEEM ABU MUSTAFA

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Arafat Barbakh et Mohammad Salem

GAZA (Reuters) - L'armée israélienne a lancé mardi une offensive terrestre contre KhanYiunès, principale ville du sud de la bande de Gaza, où les hôpitaux sont submergés par l'arrivée de dizaines de blessés et de morts palestiniens.

L'armée israélienne a repris vendredi son offensive après sept jours de trêve avec toujours le même objectif martelé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu : l'élimination des dirigeants du Hamas jugés responsables des massacres du 7 octobre en Israël.

"La deuxième étape (de l'opération militaire) progresse. Une deuxième étape qui va être difficile sur le plan militaire", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Eylon Levy, lors d'un point de presse.

"C'est le jour le plus intense depuis le lancement de l'opération terrestre", a commenté de Jérusalem, le général Yaron Finkelman, à la tête du commandement Sud des forces de défense israéliennes.

Il a aussi déclaré que les troupes israéliennes menaient des combats à Jabalia, un important camp de réfugiés et un bastion du Hamas dans le nord de l'enclave près de la ville de Gaza, ainsi qu'à Shuja'iyya, dans l'est de la ville.

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"Nous sommes au coeur de Jabalaia et de Shuja'iyya et nous sommes aussi au coeur de Khan Younès", a-t-il dit.

L'armée israélienne a annoncé que ses troupes encerclaient désormais Khan Younès, la plus grande ville du sud de la bande de Gaza.

"Soixante jours après le début de la guerre, nos forces encerclent désormais la zone de Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza", a déclaré le lieutenant-général Herzi Halevi, chef d'état major de l'armée israélienne.

"Nous avons sécurisé de nombreux bastions du Hamas dans le nord de la bande de Gaza, et désormais nous sommes en train d'opérer contre ses bastions dans le sud", a-t-il ajouté.

Des habitants ont déclaré que les chars israéliens étaient entrés dans les quartiers de l'est de Khan Younès après avoir franchi la frontière entre Israël et l'enclave palestinienne.

Selon ces témoins, certains blindés ont pris position à Béni Souhaïla, une localité située à la périphérie de Khan Younès, tandis que d'autres ont poussé jusqu'au complexe résidentiel de Hamad City, dont la construction a été financée par le Qatar.

Israël est disposé à écouter des "retours constructifs" sur les moyens de protéger la population civile, à condition que ces conseils ne contredisent pas l'objectif qui a été fixé à l'armée d'éradiquer le Hamas, a-t-il ajouté.

Les Brigades Al-Qassam, le bras armé du Hamas, ont déclaré que ses combattants ont détruit ou endommagé 24 véhicules militaires de l'armée israélienne et que ses snipers ont tué ou blessé huit soldats israéliens dans des affrontements en cours à Khan Younès.

L'hôpital Nasser, le plus grand de Khan Younès, a reçu mardi matin des dizaines de blessés après ce que les survivants ont présenté la veille comme une frappe aérienne contre une école utilisée comme abri pour les déplacés, ont constaté des journalistes de Reuters.

LES MÉDECINS DÉBORDÉS

Dans les couloirs de l'hôpital, le personnel soignant est débordé. Un médecin dépose dans un coin le corps sans vie d'un petit garçon en survêtement, les bras en croix sur le carrelage maculé de sang. D'autres enfants blessés sont perfusés à même le sol, jonché de bandages usagés et de gants en latex.

Un peu plus loin, deux jeunes filles sont examinées, le corps couvert de poussière après l'effondrement de leur maison qui a enseveli le reste de leur famille. "Mes parents sont sous les décombres", sanglote l'une d'elles. "Je veux ma mère, je veux ma mère, je veux ma famille."

Dehors, des hommes transportent des cadavres dans des linceuls blancs tachés de sang. Une dizaine d'autres corps sont posés sur le sol, veillés par des proches en pleurs.

Selon le porte-parole du ministère de la Santé de Gaza, Achraf al Qidra, au moins 43 corps ont été acheminés mardi matin à l'hôpital Nasser, et des dizaines d'autres seraient ensevelis sous les décombres ou dans des endroits où les ambulances ne peuvent pas aller les chercher.

"Les hôpitaux du sud de Gaza ne peuvent pas faire face à la quantité et à la gravité des blessures qu'ils doivent traiter", a-t-il déclaré.

Les Etats-Unis ont appelé avec insistance Israël à prendre davantage en compte la population civile lors de la reprise de son offensive, pour éviter le bain de sang des premières semaines de bombardements aériens intensifs.

Le docteur Eyad Al-Jabri, responsable de l'hôpital Shuada Al-Aqsa à Deir al-Balah, dans le centre de Gaza, a déclaré à Reuters qu'au moins 45 personnes avaient été tuées dans une attaque aérienne israélienne sur des habitations.

Selon les autorités sanitaires de Gaza, plus de 16.000 personnes ont été tuées depuis le 7 octobre, et des milliers d'autres sont portées disparues et présumées mortes - un bilan jugé fiable par les Nations unies.

Le Hamas affirme ce mardi qu'au moins 16.248 personnes avaient été tuées depuis le 7 octobre, dont 7.112 enfants et 4.885 femmes.

Les autorités sanitaires de Gaza n'ont pas immédiatement confirmé les chiffres avancés par le Hamas mais elles ont dressé dans la journée un bilan sensiblement identique.

Le mouvement islamiste a ajouté qu'il n'y aurait pas de reprise des négociations sur la libération de nouveaux otages tant que l'"agression" israélienne continuerait à Gaza. Plus de 100 des 240 otages aux mains du Hamas ont été libérés durant la trêve d'une semaine.

Israël accuse le Hamas d'être responsable des victimes civiles en mêlant ses combattants à la population ou en les dissimulant dans des tunnels qui ne peuvent être détruits qu'avec des bombes à forte charge. Le groupe palestinien nie utiliser les civils comme boucliers humains.

"LA SITUATION EMPIRE D'HEURE EN HEURE"

Alors que quelque 80% des habitants de la bande de Gaza sont désormais concentrés dans le sud de Gaza, les organisations internationales s'attendent à ce que les victimes se multiplient dans les jours qui viennent et mettent en garde contre une catastrophe humanitaire de grande ampleur.

L'Unicef a jugé mardi totalement inadaptées les zones où Israël demande aux civils de trouver refuge pour échapper aux bombardements, les décrivant comme des "confettis de terre aride, sans nourriture, sans abri, sans soins et sans système d'assainissement".

A la fin de la trêve, Israël a publié une carte pour dire aux Gazaouis quelles parties de l'enclave doivent être évacuées. Les quartiers orientaux de Khan Younès en font partie depuis lundi et des dizaines de milliers de personnes ont fui, la plupart du temps à pieds.

"Ce que les civils devraient faire pour rester en sécurité, c'est écouter les instructions publiées sur Internet et lire les tracts que nous lâchons au-dessus de leurs quartiers", a déclaré mardi le porte-parole de l'armée israélienne, Richard Hecht.

Les habitants de Gaza répondent qu'ils n'ont plus d'endroit où aller, les secteurs encore considérés comme relativement sûrs étant déjà surpeuplés. L'armée israélienne continue en outre à bombarder les villes dans lesquelles elle dit à la population de se rendre, y compris Rafah, près de la frontière avec l'Egypte, au sud de Khan Younès.

"La situation empire d'heure en heure", a déclaré Richard Peeperkorn, représentant de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Gaza, joint par liaison vidéo dans le sud de l'enclave. "Les bombardements s'intensifient partout, y compris ici dans les régions du sud, à Khan Younès et même à Rafah."

(Reportage d'Arafat Barbakh et Mohammed Salem à Gaza, Maayan Lubell, Ari Rabinovich et Emily Rose à Jérusalem, rédigé par Peter Graff ; version française Tangi Salaün et Zhifan Liu, édité par Kate Entringer)

reuters.com

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