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Royaume-Uni: Semaine cruciale pour Sunak sur fond de divisions dans les rangs conservateurs

reuters.com

Publié le 11 décembre 2023 à 06:26 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 17:58

Le premier ministre britannique rishi sunak attend avant de rencontrer le premier ministre neerlandais mark rutte a downing street a londres

Le Premier ministre britannique Rishi Sunak attend avant de rencontrer le Premier ministre néerlandais Mark Rutte à Downing Street à Londres

TOBY MELVILLE

Le Quotidien Numérique

04 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Andrew MacAskill

LONDRES (Reuters) - Une semaine cruciale se profile pour le Premier ministre britannique Rishi Sunak, fragilisé comme jamais depuis son entrée en fonction, avec une audition devant la commission d'enquête sur la gestion de la crise du COVID-19 et un vote au Parlement sur son programme de renvoi des demandeurs d'asile au Rwanda.

Rishi Sunak, arrivé au pouvoir en octobre 2022, peine à asseoir son autorité alors qu'un nombre d'élus de son Parti conservateur, issus aussi bien de l'aile la plus à droite que de la frange progressiste, ont menacé de voter contre sa mesure phare de réforme de l'immigration.

Un premier vote est prévu mardi au Parlement sur un texte prévoyant d'outrepasser certaines lois en matière de droits humains pour organiser des vols de déportation des demandeurs d'asile vers le Rwanda pour y traiter leurs demandes.

Le projet de loi, qui permettrait le cas échéant d'effectuer de premiers vols de déportation avant les élections législatives devant se tenir l'an prochain, est critiqué par certains élus modérés du Parti conservateur qui s'inquiètent de voir la Grande-Bretagne violer ses obligations humanitaires, tandis que des élus plus conservateurs dénoncent un texte insuffisant. Tous ont demandé des conseils juridiques avant le vote.

Alors que des avocats répètent que le programme de renvoi des demandeurs d'asile est voué à l'échec, il s'agit d'une question devenue centrale pour le gouvernement de Rishi Sunak, lequel peine à relancer l'économie britannique et est nettement distancé par l'opposition travailliste dans les sondages.

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"Le 'programme Rwanda' est devenu une lutte totémique et a libéré des factions du Parti conservateur pour poursuivre leur guerre totale", a déclaré Tony Travers, enseignant en politique à la London School of Economics.

"MESURE DIFFICILE MAIS PROPORTIONNÉE"

Mi-novembre, la Cour suprême britannique a jugé illégal le projet gouvernemental, estimant que des réfugiés risqueraient d'être renvoyés dans leur pays d'origine où ils pourraient subir des violences ou des mauvais traitements, en violation des lois britannique et internationale.

Le gouvernement britannique a dépensé près de 250 millions de livres dans ce programme, avec l'espoir de dissuader les dizaines de milliers de migrants - venus notamment d'Afghanistan, d'Iran et d'Irak - qui atteignent les côtes britanniques après avoir traversé la Manche depuis la France dans des embarcations de fortune.

Signe des doutes de Rishi Sunak sur l'ampleur de la rébellion à son encontre, le locataire du 10 Downing Street a refusé que le vote au Parlement soit un vote de confiance, avec le risque d'être poussé à organiser des élections anticipées.

Reste que le dirigeant britannique apparaîtra grandement affaibli s'il venait à perdre tout vote sur son projet pour les demandeurs d'asile. Un vote défavorable de seulement 29 élus conservateurs suffirait à infliger un revers au gouvernement.

Interrogé dimanche sur l'hypothèse que Rishi Sunak convoque des élections anticipées en cas d'échec de son projet de son loi phare, Michael Gove, cadre du gouvernement, a répondu par la négative. "Nous n'envisageons pas cela (...) En se penchant sur le projet de loi, les gens vont reconnaître qu'il s'agit d'une mesure difficile mais proportionnée", a-t-il dit à Sky News.

Avant le vote de mardi au Parlement, Rishi Sunak va se présenter ce lundi devant la commission enquêtant sur la gestion de la crise du COVID-19 pour une audition devant durer toute la journée. Sunak fut le ministre des Finances de l'ancien Premier ministre Boris Johnson, dont la chute a été provoquée par le scandale du "Partygate" - les fêtes organisées à Downing Street en dépit des restrictions sanitaires.

(Reportage Andrew MacAskill, avec David Milliken; version française Jean Terzian)

reuters.com

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