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Réactions d'analystes et stratèges au 1er tour des élections législatives en France (actualisé)

reuters.com

Publié le 01 juillet 2024 à 12:54 - Mis à jour le 18 décembre 2024 à 16:53

Affiche de campagne pour les elections legislatives anticipees de 2024 a issy-les-moulineaux.

Affiche de campagne pour les élections législatives anticipées de 2024 à Issy-Les-Moulineaux.

Christian Hartmann

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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AMSTERDAM/LONDRES/PARIS (Reuters) - Le Rassemblement national (RN) est arrivé en tête dimanche du premier tour des élections législatives en France, devançant le "Nouveau Front populaire" (NFP) et le camp présidentiel dans un scrutin dont l'enjeu politique revêt un caractère inédit dans l'histoire de la Ve République.

SILVIA ARDAGNA, CHEFFE ÉCONOMISTE POUR L'EUROPE CHEZ BARCLAYS, À LONDRES

"L'incertitude autour des résultats du second tour reste élevée, mais une cohabitation est devenue plus probable qu'elle ne l'était auparavant".

"Les primes de risque sur les marchés français et européens pourraient diminuer légèrement au second tour, si une coalition centriste devient un scénario crédible et si le risque d'une majorité absolue d'extrême droite ou d'extrême gauche est réduit".

"Cependant, la plupart des scénarii suggèrent toujours une politique budgétaire plus souple et davantage d'instabilité politique, selon nous".

FELIX HUEFNER, ECONOMISTE CHEZ UBS

"Il reste difficile de savoir dans quelle mesure un futur gouvernement mettra en place l'assainissement budgétaire impliqué par les nouvelles règles budgétaires".

"Nous avons donc recommandé à nos clients d'attendre avant d'acheter des obligations françaises au cours des dernières semaines".

"Les arguments en faveur de la résistance des obligations françaises restent convaincants, compte tenu non seulement de la désinflation et de la croissance modeste de la zone euro, mais aussi d'une large base d'investisseurs institutionnels, d'un profil de maturité à long terme et d'une part relativement faible d'OAT détenues par les banques".

BRUNO CAVALIER, CHEF ECONOMISTE D'ODDO BHF, À PARIS

"L'élection d'hier marquée par un bond de la participation (+20pts vs 2022) a confirmé la domination du RN".

"Deux scénarios subsistent. L'un est une majorité absolue pour le RN lui permettant de 'conduire la politique de la nation' jusqu'à une possible dissolution dans un an. L'autre est un Parlement divisé, obligeant à de tortueuses tractations afin de former un gouvernement technique, là encore sans garantie d'un accord durable".

"Le risque politique français est là pour durer".

ARNAUD MARÈS, CHEF ÉCONOMISTE EUROPE CHEZ CITI

"Le premier tour des élections législatives françaises a confirmé à la fois la montée du soutien à l'extrême droite (RN) et l'érosion rapide du soutien au président Macron".

"Il ne modifie toutefois pas de manière significative la distribution des probabilités entre deux scénarios que nous considérons toujours comme presque aussi probables : celui d'une majorité absolue pour l'extrême droite et celui d'un Parlement bloqué".

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"Dans tous les cas, la France restera probablement politiquement instable après les élections, avec une visibilité politique très limitée et une perte d'influence substantielle en Europe, à un moment critique pour le continent".

JOHN PLASSARD, DIRECTEUR CHEZ MIRABAUD À GENÈVE

"Le RN a dominé le premier tour, portant un coup majeur au président Emmanuel Macron et préparant le terrain pour qu'un parti d'extrême droite contrôle le gouvernement du pays pour la première fois de son histoire moderne".

"Le vote d'hier soir n'est pas le 'scénario catastrophe' (majorité anticipée du RN ou du NFP) du premier tour, mais celui du 'moins pire'. Le CAC 40 et l'euro devrait selon toute logique connaître une volatilité tout au long de la semaine avant le deuxième tour".

ARNAUD GIROD, RESPONSABLE DE LA RECHERCHE CHEZ KEPLER CHEVREUX, À PARIS

"Le premier tour des élections législatives françaises a confirmé la montée de l'extrême droite dans un contexte de forte participation. Cependant, les spécificités de ces élections et le jeu politique laissent encore de nombreuses options ouvertes".

"L'incertitude politique liée à la France reste un facteur local qui peut être facilement diversifié. Les conséquences sur les prix des actifs ont été régionales et non mondiales".

"Les écarts de taux sur les obligations souveraines espagnoles et italiennes se sont encore élargis la semaine dernière mais à part cela, les marchés n'ont pas exprimé de signes d'inquiétude majeure".

EMMANUEL AUBOYNEAU, GÉRANT ASSOCIÉ CHEZ AMPLEGEST

"Un basculement de majorité en faveur de solutions de rupture semble probable. Les politiques budgétaires et fiscales envisagées sont difficilement compatibles avec les trajectoires demandées par les autorités européennes".

"A court terme une crise financière avec un écartement sensible du spread franco-allemand sur les obligations est possible mais elle forcera la nouvelle majorité à se positionner : soit rentrer dans le rang et revenir à une politique plus orthodoxe, soit sortir de l'Europe, ce qui semble peu probable à ce stade".

"Gardons donc en tête que le cadre européen et la réalité budgétaire permettront de limiter les aventures économiques et financières".

XAVIER CHAPARD, STRATÉGISTE CHEZ LBPAM À PARIS

"Le scénario que les marchés avaient déjà intégré, celui d'un parlement sans majorité claire, est bien le plus probable. Il justifie une prime de risque persistante mais limitée".

"La possibilité d'une majorité RN pourrait encore générer de la volatilité sur les marchés dans les prochains jours. Le scénario central d'un Parlement sans majorité justifie une prime de risque, sur la France et surtout sur l'Europe, un peu moins élevée qu'avant les élections, mais qui devrait persister dans le temps".

ALEXANDRE BARADEZ, RESPONSABLE DE L'ANALYSE MARCHÉS CHEZ IG FRANCE À PARIS

"Une partie du marché semble être partiellement 'rassurée'".

"Probablement déjà par le fait que les chiffres sortis des urnes soient relativement en ligne avec les estimations des instituts de sondage. Il y a donc un effet un peu technique dans un premier temps".

"Probablement ensuite par le fait que, même si la probabilité d'une majorité absolue du RN n'est pas complètement nulle à ce stade, les premières déclarations des différentes formations politique sur les possibles désistements et donc l'ouverture des tractations en vue du second tour vont rendre le scénario de la majorité absolue difficile".

BAS VAN GEFFE, ANALYSTE MACRO SENIOR CHEZ RABOBANK

"Ce matin, les marchés poussent un petit soupir de soulagement car le RN n'a pas obtenu autant de soutien que certains sondages l'avaient suggéré".

"Bien que le risque budgétaire du NFR ait diminué, la paralysie politique reste une possibilité".

"Cela ralentirait la recherche de solutions aux problèmes structurels qui affligent l'économie française, pourrait être préjudiciable aux indicateurs budgétaires français et pourrait limiter la capacité de M. Macron à mettre en œuvre sa vision d'une Europe plus forte".

LEE HARDMAN, ANALYSTE DEVISES SENIOR CHEZ MUFG

"L'euro a amorcé un premier rebond, les investisseurs espérant que le RN ne parviendra probablement pas à obtenir la majorité au Parlement".

"Le nombre de circonscriptions remportées par le RN et le fait que la gauche et le centre soient au coude à coude dans certaines circonscriptions n'aident pas à choisir lequel des candidats devra se désister, et ces deux facteurs pourraient encore augmenter le risque d'un gouvernement de cohabitation RN qui serait défavorable pour l'euro".

"Nous ne nous attendons pas à ce que le rebond de l'euro d'aujourd'hui se poursuive longtemps avant le second tour de l'élection".

PETER GOVES, RESPONSABLE DE LA RECHERCHE SUR LA DETTE SOUVERAINE CHEZ MFR INVESTMENT MANAGEMENT, À LONDRES:

"Un Parlement sans majorité semble rester le scénario de base, en accord avec les attentes du marché".

"Nous nous gardons de tirer des conclusions trop fermes quant à la projection exacte des sièges, car le taux de participation élevé a donné lieu à une éruption de triangulaires".

"Un Parlement sans majorité est loin d'être politiquement idéal, mais n'est pas nécessairement l'issue la plus défavorable pour le marché."

FIONA CINCOTTA, ANALYSTE MARCHÉS CHEZ CITY INDEX, À LONDRES:

"Je pense qu'il s'agit d'un léger 'bon, il n'y a pas eu de surprise', il y a donc eu un sentiment de soulagement".

"L'attention se porte maintenant sur le 7 juillet pour voir si le second tour permet d'obtenir une majorité absolue ou non. Nous avons donc l'impression d'être un peu dans l'incertitude, mais nous sommes soulagés que la situation n'ait pas été pire."

MICHAEL BROWN, STRATÈGE CHEZ PEPPERSTONE, À LONDRES:

"Le résultat n'est pas aussi mauvais que le marché ne l'attendait"

"Le marché peut en tirer un certain réconfort. Mais dans l'ensemble, les risques de baisse qui existaient vendredi à la clôture demeurent".

"La volatilité de l'euro et des actifs français en particulier restera relativement élevée au cours des prochains jours et jusqu'à dimanche prochain."

DAVID MORRISON, ANALYSTE CHEZ TRADE NATION, À LONDRES:

"Tout est ouvert pour l'instant".

"Ce que nous allons observer, c'est un peu d'incertitude sur tous les indices européens et sur l'euro pour la semaine prochaine."

CARSTEN BRZESKI, RESPONSABLE DE LA MACROÉCONOMIE CHEZ ING, À FRANCFORT:

"Je m'attendrais à un nouvel élargissement de l'écart (entre les obligations françaises et allemandes) à partir de demain et nous pourrions même assister à une légère baisse du CAC 40".

"Une victoire du bloc de gauche aurait été un scénario encore pire, même s'il était très improbable au départ."

ALEX EVERETT, RESPONSABLE INVESTISSEMENT CHEZ ABRDN À ÉDIMBOURG

"Nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge".

"En définitive, la seule certitude est l'incertitude. Les OAT peuvent se resserrer un peu par rapport aux Bunds, mais seulement dans une mesure limitée, l'avenir de la France restant incertain et le risque politique élevé. La réduction du risque de contagion devrait soutenir les emprunts souverains européens non français."

RUNE THYGE JOHANSEN, ANALYSTE CHEZ DANSKE BANK

"Compte tenu des divisions au sein de l'Assemblée nationale, il nous semble peu probable que le nouveau gouvernement puisse trouver un soutien pour une augmentation plus importante des dépenses".

(Compilé par Yoruk Bahceli, Stefano Rebaudo, Amanda Cooper et Corentin Chappron à Paris, avec Augustin Turpin et Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)

reuters.com

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