Le CO2 frappe au coeur des flottes

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Écartelés entre les nécessaires réductions des émissions de CO2 sur les véhicules actuellement disponibles, et les impératifs de la mobilité de demain, les différents acteurs réfléchissent au déploiement du véhicule électrique. Les spéculations vont bon train.

Au-delà du sentiment écologique, éminemment respectable, les incitations financières, alliées à l'importance de la réduction des coûts, incitent les gestionnaires à se tourner vers les véhicules verts. En effet, en 2010, 44 % des véhicules du parc loué émettaient moins de 120 g de CO2/km, soit une progression de 8 % sur un an. Cela ne profite que trop peu au parc de véhicules émettant plus de 160 g de CO2/km, qui ne perdent qu'un point, à 13 %. Le lien avec les économies budgétaires ? La taxe sur les véhicules de sociétés, ou TVS, calculée en fonction des émissions de CO2 de chaque véhicule. De plus, les acquisitions de véhicules peu émetteurs bénéficient d'un bonus écologique. Celui-ci favorise davantage le véhicule électrique (VE), puisque le montant maximal de 5.000 euros ne concerne que les véhicules émettant moins de 50 g de CO2/km (en 2011 et 2012). Dès l'année prochaine, le premier palier, de 300 euros, sera atteint à partir de 105 grammes. L'écart étant très marqué entre 60 et 61 grammes (de 600 à 3.500 euros).

La fiscalité vient donc favoriser une installation de flottes vertes, mais à ce jour, il n'est pas encore question de parcs reconfigurés. Les VE s'immiscent petit à petit, comme en témoigne Jean-François Chanal, directeur général de ALD Automotive : « Les constructeurs ont beaucoup évolué, et proposent une offre de plus en plus écologique. Chez ALD, dont le parc total géré s'élève à près de 260.000 véhicules, la moyenne est en dessous de 120 grammes. » Cependant, les premières mises sur le marché n'arrivent pas avant fin 2011. Il est donc impossible d'évaluer la pénétration des VE dans les flottes à ce jour. À titre d'exemple, les immatriculations aux particuliers en électrique, au premier quadrimestre 2011, s'élèvent à moins de 700 véhicules ! Un score encore très anecdotique. Philippe Brendel, président de l'Observatoire des véhicules d'entreprise (OVE), se veut, pourtant, rassurant : « Contrairement à ce que l'on pensait, le démarrage ne se fera pas en 2011, mais bien en 2012. Mais des initiatives encourageantes se dessinent, comme le groupement de commandes piloté par La Poste (avec l'Ugap), et qui prévoit l'installation de 23.000 véhicules électriques à 5 ans. »

Une fiscalité favorable

Nous sommes encore bien loin d'un cycle industriel qui verra le VE inonder les flottes d'entreprises. Si les diverses taxes poussent vers l'acquisition de modèles plus propres, de nombreux obstacles se mettent en travers de la route de ces nouvelles technologies. Le coût d'acquisition, en comparaison avec un véhicule à moteur thermique, reste très élevé. Pour une Peugeot iOn par exemple, il faut compter 30.000 euros, bonus pris en compte. Philippe Brendel parle d'un coût d'usage, qui n'est pas moins élevé. Avec un véhicule d'une valeur supérieure à 18.300 euros, on entre dans le cadre d'un amortissement non déductible, à savoir que la part des loyers correspondant au prix excédentaire est réintégrée dans le bénéfice imposable. Des taxes supplémentaires donc pour l'entreprise. « D'autant que le faible coût d'énergie est très loin de venir combler cette différence », déplore Philippe Brendel. Sans parler des batteries... Et n'oublions pas qu'un loueur, lorsqu'il fixe le montant du loyer, doit prendre en compte les valeurs résiduelles. Pour l'instant, le marché d'occasion des véhicules « tout électrique » n'est pas connu. Difficile d'imaginer le futur dans ces conditions.

Les différents acteurs du marché des flottes d'entreprises s'accordent à dire que l'on se trouve dans une phase de réflexion globale sur la mobilité, prenant en compte les questions de matières premières, ou d'encombrement. Et pour toutes les questions que peuvent se poser les entreprises qui tentent de redéfinir leurs besoins, il existe des solutions en types de véhicules comme en énergies. L'enjeu vaut l'étude !

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