Concessions sociales a minima en Algérie

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Le président Abdelaziz Bouteflika promet de partager la rente pétrolière pour calmer le front social en ébullition, mais s'accroche toujours au pouvoir.

Le président algérien a fait passer deux messages mardi. « Abdelaziz Bouteflika est en « forme » a ainsi déclaré l'envoyé spécial du président français à Alger, Jean Pierre Raffarin, à l'issue de sa rencontre avec le numéro un algérien. En clair cela signifie qu'il n'est donc pas malade et peut terminer son mandat en 2014. Un message destiné aux adversaires de Bouteflika, dans l'opposition et au sein du régime, qui évoquent souvent son état de santé chancelant pour le remplacer.

Un milliard d'euros

Bouteflika a annoncé de nouvelles mesures pour développer les PME avec la création d'un fonds doté d'un milliard d'euros de capital, créer des emplois et réformer l'administration.

Le Président a décidé d'utiliser une part de la manne pétrolière (155 milliards de dollars de réserve de change) pour absorber la colère de la rue algérienne, en ébullition depuis plusieurs mois. Les émeutes contre le mal-être des jeunes et pour l'instauration d'une véritable démocratie sont devenues quotidiennes. De nombreux secteurs sont paralysés par des grèves : hôpitaux, universités, communes, tribunaux. Les chômeurs tiennent souvent des rassemblements devant les préfectures pour réclamer du travail. Les demandeurs de logements squattent des logements sociaux inoccupés depuis des années.

Encouragés par les révolutions tunisienne et égyptienne, les Algériens n'hésitent plus à descendre dans la rue. Le président Bouteflika ignore toutefois les demandes des patrons qui réclament la fin des blocages à l'activité économique. Excepté la levée de l'état d'urgence, en vigueur depuis 1992, aucune mesure politique n'a été annoncée. Au pouvoir depuis onze ans, Bouteflika n'a pas évoqué son avenir à la tête de l'État - son troisième mandat se termine en 2014 - alors que de nombreux partis d'opposition réclament son départ et la tenue de présidentielles anticipées. Il ne s'est pas engagé à ne pas briguer un quatrième mandat, ni à ne pas transmettre le pouvoir à son frère Said.

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